La Première ministre de la République démocratique du Congo, Son Excellence Madame Judith Suminwa Tuluka, s’est exprimée ce lundi 9 mars 2026 à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, à l’occasion de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), qui se tient du 9 au 19 mars au siège des Nations Unies à New York, sous la présidence du Costa Rica.

La Première ministre a souligné que, sous le leadership du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, reconnu comme champion de la masculinité positive en Afrique par ses pairs, des progrès significatifs ont été accomplis dans la participation des femmes à la vie publique et aux instances décisionnelles. Elle a notamment relevé que la représentation féminine dans les sphères de décision est passée de 21% en 2021 à 32% en 2024, évolution marquée également par la nomination, pour la première fois dans l’histoire du pays, d’une femme à la tête du Gouvernement.

Ci-dessous l’intégralité de sa déclaration.

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Excellences,

Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,

Madame la Présidente,

Distingués représentants des Nations Unies,

Chers partenaires techniques et financiers,

Chers représentants de la société civile,

Mesdames et Messieurs,

Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, la communauté internationale est appelée à transformer ses engagements en résultats concrets pour les femmes et les filles du monde entier.

Je vous remercie de m’accorder la parole à l’occasion de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme.

Cet anniversaire dépasse la simple commémoration. Il constitue un moment de vérité pour la communauté internationale. Il nous invite à mesurer l’écart entre nos engagements et les réalités vécues par des millions de femmes dans le monde, en particulier celles qui subissent les violences les plus extrêmes dans les zones de conflit.

La question qui se pose aujourd’hui est simple mais essentielle : sommes-nous réellement capables de protéger efficacement les femmes, de sanctionner les violations de leurs droits et de réparer durablement les injustices qu’elles subissent ?

La 70ᵉ session de cette Commission doit être un moment de responsabilité et de renouveau. La promotion des droits des femmes exige cohérence et crédibilité. Et cette crédibilité suppose, une cohérence constante notamment en veillant à ce que l’influence exercée au sein de nos organes de décision soit pleinement alignée avec les principes que nous défendons collectivement et ce même en ce qui concerne certains états impliqués dans les dynamiques conflictuelles.

Dans cet esprit, la République Démocratique du Congo poursuit ses efforts pour renforcer les droits des femmes, considérés comme un pilier essentiel d’une société juste et inclusive.

Le principe d’égalité entre les femmes et les hommes est inscrit dans la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment à l’article 14, qui engage les pouvoirs publics à éliminer toute forme de discrimination et à promouvoir activement les droits des femmes.

Pour concrétiser ce principe, plusieurs réformes importantes ont été adoptées. La révision du Code de la Famille en 2016 a marqué une étape majeure en supprimant certaines dispositions discriminatoires, notamment l’autorisation maritale qui limitait l’autonomie des femmes. Cette réforme a également établi l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons.

La même année, la loi relative aux modalités d’application des droits de la femme et de la parité a été adoptée afin de promouvoir une participation équilibrée des femmes et des hommes dans la gestion des affaires publiques et de renforcer la représentation des femmes dans les institutions.

Sous le leadership du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, reconnu comme champion de la masculinité positive en Afrique par ses paires, des progrès significatifs ont été réalisés. La participation des femmes dans les sphères décisionnelles est passée de 21% en 2021 à 32 % en 2024, notamment avec un gouvernement dirigé pour la première fois par une Première Ministre.

La République démocratique du Congo s’engage également à renforcer l’autonomisation économique des femmes en soutenant l’entrepreneuriat et en facilitant leur accès aux opportunités économiques, notamment dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires.

Cependant, notre pays continue de faire face à d’importants défis en matière de paix et de sécurité. Depuis l’agression menée par le Rwanda et soutenue par le groupe M23/AFC, les femmes et les jeunes filles dans les zones touchées subissent des violences graves, des déplacements et une crise humanitaire qui affecte profondément leur vie et leur avenir.

Mesdames et Messieurs

Les conflits n’affectent pas les hommes et les femmes de la même manière. Les violences faites aux femmes ne doivent ni être invisibilisées ni banalisées. Elles doivent être reconnues et combattues avec détermination.

L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être un principe proclamé dans les textes ; elle doit devenir une réalité vécue dans la vie quotidienne de chaque femme et de chaque fille.

Ainsi notre responsabilité collective est de transformer nos engagements en actions concrètes et de bâtir un avenir où l’égalité, la justice et la paix deviennent une réalité pour toutes et tous.

Je vous remercie.