New York — Les A3, composés de la République démocratique du Congo, du Libéria et de la Somalie, ont appelé à une désescalade immédiate au Yémen et dans la région ainsi qu’à un retour au dialogue, estimant qu’aucune action militaire ne peut permettre de parvenir à un règlement durable du conflit.
Cette position a été exprimée par le Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, qui a prononcé la déclaration des A3 lors de la 20219e séance du Conseil de sécurité consacrée au Moyen-Orient et à la situation au Yémen.
Les trois pays africains ont d’abord réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Yémen. Ils ont insisté sur la nécessité d’empêcher que le pays ne devienne le théâtre d’une confrontation régionale plus large et appelé toutes les parties ainsi que les acteurs régionaux influents à privilégier la retenue et la diplomatie.
Les A3 ont ensuite condamné avec fermeté les attaques à la roquette et par drone menées par les Houthis le 8 septembre contre les villes saoudiennes d’Abha, Khamis Mushait, Jizan et Najran, qui auraient fait 73 blessés parmi les civils et causé des dégâts aux infrastructures civiles et énergétiques.
Exprimant leur solidarité avec le Gouvernement et le peuple du Royaume d’Arabie saoudite, ils ont réaffirmé l’importance du respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité du Royaume et exhorté les Houthis à mettre fin aux attaques transfrontalières.
Les A3 ont parallèlement appelé toutes les parties à faire preuve d’une retenue maximale afin d’éviter une spirale de représailles susceptible d’exposer davantage les populations civiles au Yémen et dans l’ensemble de la région.
Sur le plan politique, la RDC, le Libéria et la Somalie ont réaffirmé leur soutien aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Hans Grundberg, et au processus de médiation conduit sous les auspices des Nations Unies.
« L’action militaire ne peut pas résoudre le conflit au Yémen », ont souligné les A3, appelant les parties à s’engager de manière constructive et sans conditions préalables dans un processus politique inclusif, dirigé et porté par les Yéménites.
La déclaration a également attiré l’attention sur la gravité persistante de la situation humanitaire, aggravée par le conflit, la détérioration économique, les déplacements de populations et l’insuffisance des financements.
Les A3 ont demandé un accès humanitaire total, sûr, rapide et sans entrave, une meilleure protection des civils et des infrastructures civiles ainsi qu’un financement adéquat, prévisible et flexible des opérations humanitaires.
Ils ont en outre réitéré leur appel à la libération immédiate, en toute sécurité et sans condition, des personnels des Nations Unies, des travailleurs humanitaires, des membres d’ONG, des représentants de la société civile et des personnels associés aux missions diplomatiques détenus par les Houthis.
En conclusion, les A3 ont insisté sur trois impératifs : respecter la souveraineté et la sécurité des États, protéger les civils et empêcher que le conflit yéménite ne dégénère en une confrontation régionale plus large.
Ils ont réaffirmé qu’une paix durable au Yémen ne pourra être instaurée que par le dialogue, le compromis et un processus politique inclusif soutenu dans la durée.