New York, 13 août 2026 — La République démocratique du Congo (RDC), le Liberia et la Somalie, membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies réunis au sein des A3, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire au Yémen et appelé toutes les parties à renoncer à l’escalade et à revenir au dialogue.
La déclaration des A3 a été prononcée par S.E. M. Baba Sillah, Représentant permanent adjoint du Libéria auprès des Nations Unies, lors de cette 10208e séance, consacrée à la situation au Moyen-Orient (Yémen).
Les A3 ont estimé que les développements des dernières semaines exposent le pays à un risque accru de reprise d’un conflit de grande ampleur, susceptible d’annuler plusieurs années d’accalmie relative, de compromettre le processus politique dirigé par les Nations Unies et d’aggraver les souffrances de la population yéménite.
Les trois pays africains ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Yémen. Ils ont également renouvelé leur appui aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Hans Grundberg, ainsi qu’au processus politique dirigé par les Nations Unies.
Les A3 ont appelé les parties à aller au-delà de la simple gestion du conflit et à s’attaquer à ses causes profondes, soulignant que la paix doit être fondée sur un véritable dialogue.
Préoccupation face à l’escalade militaire
Les A3 se sont dits particulièrement préoccupés par la reprise des combats dans les régions de Ma’rib et de l’Hadramaout ainsi que par les informations faisant état d’attaques contre des zones civiles et un important camp de personnes déplacées à Ma’rib.
Les trois membres africains ont exigé le plein respect du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Ils ont également mis en garde contre les risques d’internationalisation du conflit liés aux frappes transfrontalières, aux attaques contre les infrastructures énergétiques et aux blocus maritimes.
Une situation humanitaire et économique alarmante
Les A3 ont également attiré l’attention du Conseil sur la gravité de la situation humanitaire et économique au Yémen, particulièrement ses conséquences sur les femmes et les filles.
Elles ont appelé à garantir un accès humanitaire total, sûr, rapide et sans entrave, ainsi qu’à assurer un financement suffisant, prévisible et flexible des opérations humanitaires.
Les A3 ont par ailleurs demandé la libération immédiate et inconditionnelle des membres du personnel des Nations Unies, des travailleurs humanitaires, des membres d’ONG, des représentants de la société civile et des personnels associés aux missions diplomatiques détenus par les Houthis.
Elles ont salué le récent accord négocié sous l’égide des Nations Unies visant à libérer plus de 1 600 personnes détenues dans le cadre du conflit, le considérant comme une étape positive susceptible de contribuer au rétablissement de la confiance.
La sécurité maritime, un enjeu régional et mondial
Les A3 ont enfin souligné les conséquences des attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden.
Elles ont relevé que ces attaques menacent la liberté de navigation, perturbent les chaînes d’approvisionnement et contribuent à l’augmentation du coût des produits de base à l’échelle mondiale.
Compte tenu de l’importance stratégique du détroit de Bab el-Mandeb pour l’Afrique et le commerce mondial, les A3 ont estimé que la sécurité maritime et la stabilité politique du Yémen sont indissociables et doivent être abordées conjointement.
« Il n’existe pas de solution militaire »
En conclusion, les A3 ont réaffirmé qu’« il n’existe pas de solution militaire à ce conflit » et que le peuple yéménite mérite la paix, des institutions fonctionnelles et des perspectives économiques.
Elles ont appelé toutes les parties à renoncer à l’escalade, à revenir au dialogue et à s’engager de manière constructive dans le processus dirigé par les Nations Unies.
Les A3 se sont déclarées prêtes à travailler avec l’ensemble des membres du Conseil de sécurité afin que celui-ci puisse répondre à cette situation avec unité et urgence.