New York, le 8 juillet 2026 — Dans le cadre de la présidence du Conseil de sécurité assurée par la République démocratique du Congo pour le mois de juillet 2026, Son Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, a présidé la 10190e séance du Conseil de sécurité, consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits.
Prenant la parole au nom de la République démocratique du Congo et de la présidence congolaise du Conseil, la Première Ministre a indiqué que les violences sexuelles liées aux conflits constituent une menace directe contre la paix, la sécurité et la dignité humaine.
Elle a salué l’engagement du Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur António Guterres, ainsi que le travail accompli par Madame Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.
La Première Ministre a relevé que les violences sexuelles sont fréquemment utilisées pour terroriser, humilier, déplacer et dominer les populations. Elles peuvent également accompagner le contrôle de territoires, de routes, de villages, de sites miniers et d’autres espaces stratégiques. Elles prennent notamment la forme d’enlèvements, d’esclavage sexuel, de traite des personnes et d’exploitation sexuelle au profit de groupes armés, de groupes terroristes ou de réseaux criminels.
Évoquant la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, elle a souligné les liens existant entre ces violences, les déplacements forcés, les économies illicites, l’exploitation des ressources naturelles et les logiques de prédation qui alimentent les conflits.
La Première Ministre a présenté les mécanismes mis en place par la République démocratique du Congo sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle a notamment cité le FONAREV, chargé de contribuer à l’identification des victimes, à leur accès à la justice et aux réparations, ainsi que les centres intégrés de services multisectoriels assurant une prise en charge médicale, psychosociale, juridique et socio-économique.
Elle a également attiré l’attention du Conseil sur les conséquences des réductions budgétaires affectant les services essentiels. Selon elle, la diminution des financements accordés aux cliniques, aux abris, aux organisations de femmes, aux équipes de documentation et aux mécanismes d’assistance juridique favorise la perte des preuves et la progression de l’impunité.
Plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, la Première Ministre a appelé à assurer une participation réelle des femmes aux processus de prévention, de médiation, de gouvernance et de consolidation de la paix.
Elle a également plaidé pour une meilleure protection des enfants nés de violences sexuelles liées aux conflits, notamment en matière d’état civil, d’identité juridique, de nationalité, d’éducation, de santé, de réparations et de lutte contre la stigmatisation.
La Première Ministre a enfin appelé le Conseil de sécurité à intégrer systématiquement la lutte contre les violences sexuelles dans les cessez-le-feu, les mécanismes de surveillance, les programmes de désarmement, les réformes du secteur de la sécurité, les régimes de sanctions et les processus de paix.
Elle a conclu en affirmant qu’aucune ressource naturelle ne devrait être extraite au prix de la dignité humaine, qu’aucune économie ne devrait prospérer sur la souffrance des populations et qu’aucune paix durable ne peut être construite sur l’impunité.