New York, 24 août 2026 – La République démocratique du Congo a appelé, lundi, le Conseil de sécurité et les parties au conflit en Ukraine à œuvrer résolument en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et d’une solution politique négociée, estimant que la poursuite de l’escalade militaire ne permet pas d’entrevoir une issue durable à la guerre.

Cette position a été exprimée par S.E. M. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, lors de la 10212e séance du Conseil de sécurité consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales.

Dans sa déclaration, la RDC a réaffirmé son attachement à la primauté du droit international et aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies, notamment le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, le non-recours à la force ainsi que le règlement pacifique des différends.

Après plus de quatre années de guerre, Kinshasa estime que l’intensification des opérations militaires n’a pas permis aux parties de parvenir à une issue au conflit. Au contraire, la succession des offensives, contre-offensives et escalades continue d’alourdir le coût humain et matériel de la guerre. Pour la RDC, ce constat démontre qu’il ne peut y avoir de solution militaire au conflit et que la prolongation des hostilités éloigne davantage la perspective d’un règlement politique.

La délégation congolaise a, dans ce contexte, condamné toutes les attaques dirigées contre les civils et les infrastructures essentielles, quelle qu’en soit l’origine, et appelé toutes les parties à respecter strictement leurs obligations découlant du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.

La RDC a également attiré l’attention du Conseil sur les risques que les hostilités font peser sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, soulignant qu’aucun objectif militaire ne saurait justifier d’exposer des populations à la perspective d’un incident nucléaire dont les conséquences humaines et environnementales pourraient dépasser largement les frontières des États directement concernés par le conflit.

Abordant les conséquences des hostilités en mer Noire, la République démocratique du Congo a insisté sur leur impact au-delà du théâtre ukrainien, particulièrement pour les économies africaines dépendantes des importations de céréales et des chaînes d’approvisionnement provenant de cette région. Elle a ainsi appelé toutes les parties à préserver les infrastructures portuaires et celles indispensables aux exportations agricoles mondiales.

Face à l’impasse, la RDC considère que la question essentielle n’est désormais plus de savoir combien de temps les hostilités peuvent se poursuivre, mais comment créer les conditions permettant d’y mettre fin. Elle a appelé la diplomatie à retrouver toute sa place afin de favoriser la désescalade, de rétablir progressivement les échanges entre les parties et de rouvrir la voie à des discussions substantielles.

La République démocratique du Congo a ainsi renouvelé son appel à un cessez-le-feu immédiat et à l’engagement d’un processus politique associant directement les parties, tout en encourageant toute initiative crédible susceptible de les rapprocher et de favoriser une désescalade.

En conclusion, la RDC a appelé à rompre avec le cycle de l’affrontement et de l’escalade. Elle demeure convaincue que la seule issue viable réside dans une solution politique négociée, conforme à la Charte des Nations Unies et respectueuse des principes du droit international.

Pour Kinshasa, il appartient désormais aux parties, avec l’appui du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, de créer les conditions permettant de passer « de la logique de l’affrontement à celle du règlement, de la logique de l’escalade à celle du dialogue, et de la prolongation de la guerre à la recherche effective de la paix ».