Nations Unies, New York, 13 juillet 2026 — La République démocratique du Congo a organisé, lundi 13 juillet 2026, une réunion selon la formule Arria du Conseil de sécurité consacrée au thème : « Diagnostic sur la lacune normative concernant les ressources naturelles et la paix : fondations et perspectives ».

La réunion a été ouverte et présidée par S.E. Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise.

Dans son allocution d’ouverture, la Ministre d’État a souligné que la RDC entend mettre sa présidence du Conseil de sécurité au service d’une réflexion d’intérêt universel portant sur les liens entre l’exploitation des ressources naturelles, les économies de guerre, le financement des groupes armés et la prévention des conflits.

Elle a relevé que les ressources naturelles jouent un rôle central dans la transition énergétique, l’innovation technologique, le développement industriel et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Toutefois, dans les situations de fragilité, leur contrôle peut également contribuer au financement de la violence, à la consolidation de l’emprise territoriale des groupes armés et à l’affaiblissement de l’autorité de l’État.

La Ministre d’État a rappelé que la problématique dépasse le seul financement direct des groupes armés par la vente de minerais. Elle englobe notamment le contrôle des sites d’extraction, des corridors commerciaux, des systèmes de taxation et des flux financiers illicites.

Tout en reconnaissant les progrès accomplis à travers les régimes de sanctions, les groupes d’experts, le Processus de Kimberley, les mécanismes de traçabilité et les lignes directrices de l’OCDE sur le devoir de diligence, elle a estimé que l’action internationale demeure encore fragmentée et principalement orientée vers la gestion des conséquences des conflits.

La RDC propose ainsi d’examiner comment une gouvernance responsable des ressources naturelles pourrait davantage contribuer à la prévention des conflits et au renforcement de la souveraineté des États.

La Ministre d’État a précisé que cette initiative ne vise ni à instaurer un code minier mondial, ni à imposer un modèle économique uniforme, ni à créer une autorité supranationale. Elle ne cherche pas non plus à remettre en cause les instruments existants ou à créer de nouvelles obligations internationales.

Il s’agit plutôt d’identifier les moyens par lesquels la coopération internationale pourrait aider les États à exercer effectivement leur souveraineté lorsque des acteurs armés ou des réseaux illicites capturent les ressources naturelles, les revenus publics et certaines fonctions relevant normalement de l’État.

La réunion a bénéficié de la participation de plusieurs experts, notamment Mme Comfort Ero, Présidente-directrice générale de l’International Crisis Group ; S.E. Dr Mubita Luwabelwa, Secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs ; Mme Gracelin Baskaran, Directrice du programme Sécurité des minerais critiques au Center for Strategic and International Studies ; et M. Alex Kopp, Conseiller principal chargé des politiques et du plaidoyer sur les minerais de transition à Global Witness.

S.E. M. Huang Xia, Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, a également participé aux travaux par visioconférence.

Les discussions se sont articulées autour de trois principales interrogations : les enseignements à tirer des mécanismes existants ; la valeur ajoutée éventuelle d’un cadre international plus cohérent ; et l’articulation entre la prévention du financement des conflits, la traçabilité, l’accès aux marchés et la transformation économique des pays producteurs.

Les enseignements issus de cette réunion contribueront à la préparation du débat public de haut niveau qui sera présidé, le 22 juillet 2026, par S.E. M. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo.

La RDC souhaite que cette démarche ouvre un processus de consultations inclusif, progressif et consensuel, appelé à se poursuivre au-delà de sa présidence du Conseil de sécurité.