New York — La République démocratique du Congo, le Libéria et la Somalie, réunis au sein des A3, ont appelé le Conseil de sécurité et l’ensemble de la communauté internationale à soutenir une réponse globale à la crise haïtienne, combinant sécurité, dialogue politique, assistance humanitaire, relèvement institutionnel et obligation de rendre des comptes.

Dans une déclaration prononcée devant le Conseil de sécurité, les A3 ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance de la violence des gangs, qui continue de faire des victimes, de provoquer des déplacements de populations et d’affaiblir l’autorité de l’État.

Ils ont notamment condamné avec la plus grande fermeté les violences dirigées contre les civils, les entraves à la circulation sur les routes et les voies d’approvisionnement ainsi que les actes d’intimidation visant les communautés.

Évoquant l’attaque perpétrée le 24 août à Kenscoff et les importantes pertes civiles qui en ont résulté, les A3 ont estimé que cet épisode constituait un nouveau rappel des souffrances endurées par la population haïtienne.

Sécurité et respect du droit international

Les A3 ont salué le lancement des opérations de la force chargée de lutter contre les gangs ainsi que les efforts visant à soutenir son déploiement.

Ils ont exprimé l’espoir que cette force atteigne rapidement sa pleine capacité opérationnelle et contribue efficacement aux efforts de stabilisation conduits par le Gouvernement haïtien.

Ils ont cependant insisté sur le fait que toutes les opérations de sécurité, y compris celles impliquant l’utilisation de drones armés dans des zones peuplées, doivent être conduites dans le strict respect du droit international et des droits de l’homme.

Pour les trois pays africains, des structures de commandement clairement définies, une supervision efficace par l’État et des mécanismes indépendants et crédibles d’enquête sur les éventuels préjudices causés aux civils constituent des garanties indispensables.

Répondre aux causes profondes de la crise

Les A3 ont par ailleurs souligné que la réponse sécuritaire, aussi essentielle soit-elle, ne saurait suffire à elle seule.

Une stabilisation durable nécessite, selon eux, le rétablissement de l’autorité de l’État, le renforcement des institutions nationales, la remise en fonctionnement des services essentiels ainsi qu’une action déterminée contre les flux illicites d’armes et les réseaux de financement de la criminalité.

Ils se sont également déclarés alarmés par la détérioration de la situation humanitaire et ont demandé que les principes humanitaires soient pleinement respectés et qu’un accès sûr et continu à l’aide soit garanti.

Une attention particulière doit être accordée aux enfants et aux autres groupes vulnérables, ont-ils insisté.

S’agissant de la situation des enfants placés en détention à la suite d’opérations de sécurité, les A3 ont notamment appelé à la mise en œuvre effective du protocole de transfert et au recours, dans la mesure du possible, à des mécanismes appropriés de protection de l’enfance et à des mesures non privatives de liberté.

Préserver la dynamique politique

Sur le plan politique, la RDC, le Libéria et la Somalie ont salué les progrès enregistrés et les efforts entrepris par les acteurs haïtiens pour poursuivre le dialogue et préserver les conditions nécessaires au rétablissement pacifique de l’ordre constitutionnel.

Les A3 ont également pris note des mesures visant à faire avancer les arrangements institutionnels et à préparer la tenue d’élections crédibles.

Ils ont encouragé toutes les parties prenantes à poursuivre un dialogue inclusif, à consolider cette dynamique et à placer l’intérêt national au-dessus de toute autre considération.

Les A3 ont insisté sur le principe d’une transition dirigée par les Haïtiens et dont ils s’approprient pleinement le processus.

Une approche globale pour une stabilité durable

En conclusion, les A3 ont estimé que la sortie de crise en Haïti exige une approche intégrée.

« La sécurité, le dialogue politique, l’action humanitaire, le relèvement institutionnel et l’obligation de rendre des comptes doivent progresser de pair », ont-ils souligné.

Ils ont appelé à préserver et à approfondir les avancées politiques réalisées, qui constituent, selon eux, une occasion de rétablir la confiance, de restaurer l’ordre institutionnel et de créer les conditions d’une stabilité durable.

La République démocratique du Congo, le Libéria et la Somalie ont enfin exhorté la communauté internationale à maintenir son engagement, sa coordination et la cohérence de son soutien à Haïti.

Les A3 ont réaffirmé leur solidarité avec le peuple haïtien et leur attachement indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale d’Haïti, tout en réitérant leur disponibilité à soutenir les efforts visant au rétablissement de la paix, de la stabilité et de l’ordre constitutionnel.