New York, 25 août 2026 — La République démocratique du Congo a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à intégrer pleinement la prévention de l’insécurité alimentaire dans ses efforts de prévention et de règlement des conflits, soulignant que la faim constitue désormais un enjeu directement lié à la paix, à la stabilité et à la sécurité internationales.

Intervenant lors du débat public de haut niveau intitulé « Crises alimentaires : le rôle du Conseil de sécurité dans l’atténuation des crises alimentaires mondiales et locales », l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, a relevé que les conflits figurent aujourd’hui parmi les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire dans le monde.

La RDC a souligné que les conséquences des conflits dépassent les seules zones de combat. Les perturbations des flux énergétiques, de l’approvisionnement en engrais, des routes commerciales et maritimes ainsi que des opérations humanitaires peuvent transformer rapidement une crise locale en choc régional, voire mondial.

Dans ce contexte, Kinshasa estime que le Conseil de sécurité doit donner une portée pleinement opérationnelle à la résolution 2417 (2018), notamment en faisant de la prévention un véritable levier d’action. Pour la RDC, l’alerte précoce doit conduire à une action précoce, concertée et proportionnée aux risques identifiés.
La République démocratique du Congo a également préconisé un recours accru aux données et mécanismes d’alerte du Programme alimentaire mondial, de la FAO, du FIDA et des autres agences compétentes, afin que la détérioration de la sécurité alimentaire puisse éclairer, en temps utile, les délibérations du Conseil et favoriser des mesures anticipatives.

Elle a insisté sur la nécessité de protéger les infrastructures essentielles, les marchés et les corridors d’approvisionnement, tout en garantissant un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave. La RDC a rappelé que les denrées alimentaires et les biens indispensables à la survie des populations civiles ne doivent en aucun cas devenir des instruments de guerre ou de pression.

Évoquant particulièrement la situation sur le continent africain et en République démocratique du Congo, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a rappelé que des millions de personnes en RDC font face à une insécurité alimentaire aiguë. Les conflits au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ont provoqué des déplacements massifs de populations, perturbé la production agricole, les circuits d’approvisionnement et l’accès à l’aide humanitaire.

La RDC estime ainsi que la sécurité alimentaire doit être considérée non seulement comme une réponse à la faim, mais également comme un investissement dans la paix et la stabilité. Elle appelle notamment à sécuriser les zones de production, relancer l’agriculture locale, moderniser les infrastructures rurales et mobiliser les investissements nécessaires au développement des chaînes de valeur agricoles.

Dans sa conclusion, la République démocratique du Congo a appelé la communauté internationale à opérer un changement d’approche : passer de la réaction à la prévention, de l’urgence à la résilience et de la fragmentation à une action collective, cohérente et anticipatrice.

Réaffirmant sa détermination à travailler avec le Secrétaire général, le Conseil de sécurité, le système des Nations Unies, les États Membres et les partenaires régionaux, la RDC a insisté sur la nécessité d’agir avant que la faim ne devienne famine et que celle-ci ne se transforme à son tour en facteur de conflit et d’instabilité.

La déclaration s’est achevée sur un message fort :

« Prévenir la faim, c’est préserver la dignité humaine.
Prévenir la faim, c’est renforcer la résilience.
Et, en définitive, prévenir la faim, c’est aussi préserver la paix. »