À l’occasion de la réunion selon la formule Arria co-organisée par la Lettonie et le Royaume-Uni, avec la participation de l’Ukraine, sur le thème « La mise en œuvre du droit international humanitaire : prisonniers de guerre, détenus civilset combattants étrangers, dans le contexte de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine », la République démocratique du Congo a réaffirmé son attachement au respect du droit international humanitaire et aux Quatre Conventions de Genève de 1949 ainsi qu’à leurs Protocoles additionnels.
Dans sa déclaration, la RDC a souligné que les règles du droit international humanitaire s’imposent à toutes les parties à un conflit armé, en toutes circonstances, et que les prisonniers de guerre, les détenus civils et toutes les personnes hors de combat doivent être traités avec humanité et dignité.
La RDC a également exprimé sa préoccupation face à la poursuite des hostilités et appelé à une désescalade, au dialogue et à la poursuite des efforts diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu et d’une paix durable. Elle a salué les récents échanges de prisonniers comme autant de signes démontrant que le dialogue demeure possible, même en période de conflit.
La déclaration intégrale de la République démocratique du Congo, prononcée par S.E. Jocelyne Kabengele Lukundula, Ambassadeur et Représentante permanente adjointe, est disponible ci-dessous.
Madame la Présidente,
La République Démocratique du Congo remercie la Lettonie, le Royaume-Uni et l’Ukraine pour l’organisation de cette réunion importante selon la formule Arria, ainsi que tous les intervenants pour leurs contributions.
Le thème qui nous rassemble revêt une importance particulière. Il nous rappelle que, même dans les situations de conflit armé les plus complexes, le droit international humanitaire demeure applicable et doit être respecté par toutes les parties, en toutes circonstances.
La RDC réaffirme son attachement aux Quatre (4) Conventions de Genève de 1949 et à leurs protocoles additionnels de 1977 et 2005. La protection de la dignité humaine ne saurait être subordonnée aux considérations politiques, militaires ou géographiques.
Alors que les perspectives d’une issue rapide au conflit demeurent incertaines, la République Démocratique du Congo reste profondément préoccupée par la poursuite des hostilités et leurs conséquences humaines, politiques et sécuritaires. En effet, chaque jour supplémentaire de guerre emporte son lot de victimes, accentue les souffrances des populations civiles, alimente les fractures internationales et fait peser une menace persistante sur le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Fidèle à la position constante qu’il défend au sein du Conseil de sécurité, mon pays reste convaincu qu’il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise. En effet, plus le conflit se prolonge, plus les perspectives d’un règlement durable s’amenuisent. Seuls une désescalade progressive, un engagement sincère des parties en faveur du dialogue et des efforts diplomatiques constants permettront d’ouvrir la voie à un cessez-le-feu, préalable indispensable à une cessation définitive des hostilités et à une paix durable.
Madame la Présidente,
Le Gouvernement de mon pays estime qu’il est particulièrement important que notre débat d’aujourd’hui ne contribue pas à polariser davantage les positions. Il est conscient que ce conflit continue de susciter des appréciations, des lectures et des positions parfois profondément divergentes. Quels que soient les enjeux et les perceptions entourant cette crise, il est impératif de reconnaitre une réalité incontestable : le droit international humanitaire s’impose à toutes les parties et doit être appliqué en toutes circonstances.
Ma Délégation tient à souligner que la protection des détenus civils, des prisonniers de guerre et l’accès humanitaire devraient être demeurent au cœur de toute réponse internationale. À cet égard, les conditions devraient être créées afin que les acteurs humanitaires puissent exercer pleinement leur mandat, conformément au droit international humanitaire.
Les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels demeurent le socle universel de la protection des personnes qui ne participent pas, ou ne participent plus, aux hostilités. Les prisonniers de guerre, les civils détenus ainsi que toutes les personnes hors de combat doivent être traités avec humanité et dignité, quelles que soient les circonstances du conflit. Aucune violation du droit international humanitaire ne doit être relativisée. Toute allégation de violation mérite d’être examinée dans le cadre de mécanismes crédibles, impartiaux et indépendants, afin que les faits soient établis et que les responsabilités soient déterminées conformément au droit international.
C’est à la lumière de ces principes que la question des prisonniers de guerre, des civils détenus et des combattants étrangers revêt aujourd’hui une importance particulière. Au-delà de sa dimension strictement humanitaire, elle constitue un indicateur de la capacité des parties à préserver des espaces de dialogue et à maintenir des canaux de communication, sans lesquels aucune perspective politique crédible ne saurait émerger.
Madame la Présidente,
La République Démocratique du Congo salue les échanges de prisonniers intervenus entre les parties au cours des derniers mois. Ces initiatives démontrent que, malgré la poursuite des combats, des avancées demeurent possibles lorsque prévalent les impératifs humanitaires. Elles témoignent également du fait que le dialogue n’est jamais totalement rompu, même au cœur des conflits les plus éprouvants. C’est précisément cette capacité à parvenir à des ententes ponctuelles que la communauté internationale doit encourager, afin qu’elle inspire des progrès plus substantiels sur le chemin de la paix.
Madame la Présidente,
La question des combattants étrangers appelle également notre attention. Les conflits contemporains dépassent largement les frontières des États directement impliqués et affectent des ressortissants de pays tiers, notamment africains, qui peuvent se retrouver engagés, capturés ou pris au piège des hostilités dans des circonstances diverses, parfois en raison de leur vulnérabilité économique ou de promesses trompeuses.
Leur protection, leur identification, l’exercice effectif de l’assistance consulaire ainsi que, lorsque les circonstances le permettent, leur rapatriement devraient faire l’objet d’une coopération renforcée entre les parties concernées, les États d’origine et les organisations humanitaires compétentes. La République démocratique du Congo estime que cette coopération constitue également un moyen concret de prévenir l’exploitation des personnes vulnérables et de limiter l’internationalisation des conflits.
Madame la Présidente, Le respect du droit international humanitaire constitue une obligation juridique. Il représente également un investissement en faveur de la paix. Chaque prisonnier échangé, chaque famille réunie, chaque personne retrouvée et chaque mesure humanitaire mise en œuvre contribuent à préserver la confiance, sans laquelle aucun processus de paix ne peut durablement prospérer.
L’expérience de la RDC en matière des conflits armés dans la région des Grands Lacs renseigne que, lorsque les règles destinées à protéger les personnes sont affaiblies, ce sont les populations civiles qui en paient le prix. C’est pourquoi nous appelons toutes les parties à placer la protection de la vie et de la dignité humaines au-dessus des considérations politiques immédiates.
Pour la République démocratique du Congo, les récents échanges démontrent que, même au cœur de l’épreuve, le dialogue demeure possible lorsque la volonté politique existe. C’est cette réalité qu’il convient aujourd’hui de consolider afin qu’elle puisse conduire progressivement à un dialogue plus structuré, à un cessez-le-feu et, à terme, à une cessation durable des hostilités. C’est dans cet esprit que ma délégation continuera de soutenir toute initiative conforme au droit international, susceptible de rapprocher les parties et de contribuer à l’avènement d’une paix juste, négociée et durable, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies.
Je vous remercie.