New York, 22 mai 2026 — La République démocratique du Congo a pris part, ce vendredi 22 mai 2026, à la 10157e séance du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Libye et aux questions concernant la Cour pénale internationale.

Dans sa déclaration, prononcée par l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, la RDC a remercié la Chine pour la tenue de cette réunion et salué la présentation du rapport de la Cour pénale internationale par la Procureure adjointe, Madame Nazhat Shameen Khan, en application de la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité.

La RDC a réaffirmé, à cette occasion, son engagement constant en faveur de la justice internationale, du Statut de Rome, ainsi que des principes d’indépendance et d’universalité de la Cour pénale internationale. Elle a rappelé que la CPI a été créée pour contribuer à mettre fin à l’impunité des crimes les plus graves, notamment les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, le crime d’agression et le crime de génocide.

La délégation congolaise a relevé que le trente et unième rapport du Procureur met en évidence des avancées significatives dans quatre axes d’enquête : les violences de 2011, les crimes commis dans les centres de détention, les crimes liés aux opérations de 2014 à 2020, ainsi que les exactions commises contre les migrants.

La RDC a également salué la reconnaissance formelle, par les autorités libyennes, de l’autorité de la Cour pour enquêter sur les crimes commis sur le territoire libyen depuis 2011, bien que la Libye ne soit pas État partie au Statut de Rome. Elle a encouragé, dans le même esprit, le renforcement de la coopération avec les États voisins de la Libye, conformément au principe de complémentarité.

S’agissant des développements judiciaires récents, la RDC a pris note des enquêtes nationales en cours et de l’émission de mandats d’arrêt par les autorités libyennes concernant les charniers de Tarhuna. Elle a considéré ces démarches comme une étape importante vers la responsabilisation et la justice pour les victimes et leurs familles.

La RDC a en outre salué l’arrestation de Khaled Mohamed Ali-El Hishri, inculpé de plusieurs chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, pour des faits présumés commis à la prison de Mitiga, notamment le meurtre, la torture, la persécution, la réduction en esclavage, ainsi que le viol et d’autres formes de violence sexuelle à l’encontre de Libyens et de migrants africains.

Toutefois, la RDC a exprimé sa préoccupation face aux difficultés persistantes rencontrées par le Bureau du Procureur, notamment l’accès limité à certains documents, l’absence de réponse à des demandes d’assistance portant sur des informations clés, ainsi que des contraintes de mobilité.

En conclusion, la RDC a formulé trois demandes principales.

Premièrement, elle a appelé les autorités libyennes à tout mettre en œuvre pour permettre au Bureau du Procureur de s’acquitter efficacement de son mandat, conformément à la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité.

Deuxièmement, elle les a encouragées à poursuivre leur coopération avec le Bureau du Procureur, notamment en lui accordant l’accès aux documents sollicités, en répondant aux demandes d’assistance portant sur des informations clés et en levant les contraintes de mobilité.

Troisièmement, la RDC a encouragé la poursuite des enquêtes nationales en cours, l’émission de mandats d’arrêt concernant les charniers de Tarhuna, ainsi que le renforcement de la coopération avec les États voisins de la Libye, conformément au principe de complémentarité.

Pour la République démocratique du Congo, qui connaît le rôle irremplaçable de la justice dans la réconciliation nationale, la paix, la sécurité et la stabilité, la paix et la justice demeurent complémentaires.