New York, 27 avril 2026 — La République démocratique du Congo a réaffirmé, ce lundi 27 avril 2026, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, son engagement en faveur du renforcement de la sûreté maritime et de la protection des voies navigables, à l’occasion du débat ouvert consacré au maintien de la paix et de la sécurité internationales sous le thème : « La sûreté et la protection des voies navigables dans le domaine maritime ».
La déclaration de la RDC a été prononcée par Son Excellence Monsieur Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies. La RDC a salué le leadership du Royaume de Bahreïn dans la conduite des travaux du Conseil, ainsi que les interventions du Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, M. Arseno Dominguez, et de M. Nick Childs, chercheur principal sur les forces navales et la sécurité maritime.
Dans son intervention, la RDC a rappelé que les mers et les océans constituent à la fois un patrimoine commun de l’humanité et un pilier essentiel de l’économie mondiale, en ce qu’ils assurent la fluidité du commerce international, soutiennent les chaînes d’approvisionnement et relient durablement les nations entre elles. Toutefois, ces espaces stratégiques sont aujourd’hui confrontés à une convergence de menaces qui compromettent la liberté de navigation, fragilisent les économies et perturbent les flux commerciaux et énergétiques.
La RDC a notamment attiré l’attention du Conseil sur la piraterie, le trafic illicite de migrants, la criminalité transnationale organisée, ainsi que les menaces émergentes visant les infrastructures portuaires, les systèmes de navigation et les navires. Ces défis, particulièrement visibles en mer Rouge et dans le Golfe de Guinée, affectent directement la sécurité des États côtiers, la vie des civils et des équipages, ainsi que la stabilité des chaînes d’approvisionnement.
Pour la République démocratique du Congo, la réponse à ces menaces exige une approche intégrée, fondée sur la coopération internationale et régionale, la prévention, l’innovation et le strict respect de l’État de droit. La RDC a souligné, à cet égard, l’importance de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, ainsi que des instruments pertinents de l’Organisation maritime internationale, qui constituent le socle normatif de la liberté de navigation, de la sécurité en mer et du règlement pacifique des différends.
La RDC a également rappelé les efforts africains en matière de gouvernance maritime, notamment l’adoption, par l’Union africaine, de la Charte africaine sur la sûreté, la sécurité maritime et le développement en Afrique, ainsi que le Code de conduite de Yaoundé, adopté en 2013 par vingt-cinq États d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, dont la République démocratique du Congo, en vue de renforcer la sécurité dans le Golfe de Guinée.
Abordant les tensions actuelles au Moyen-Orient, la RDC a relevé l’importance stratégique du détroit d’Ormuz pour le commerce mondial et l’acheminement des biens essentiels et des ressources énergétiques. Elle a estimé que le Conseil de sécurité devait demeurer pleinement saisi de cette situation et contribuer, dans le cadre de son mandat, à prévenir toute détérioration susceptible d’affecter la stabilité régionale et internationale.
La RDC a, en outre, appelé à la protection des civils, des équipages et des infrastructures maritimes, dans le strict respect du droit international humanitaire et des règles applicables aux conflits armés en mer. Elle a encouragé les efforts de médiation en cours, notamment ceux menés par le Pakistan, et appelé l’ensemble des parties concernées à privilégier le dialogue, la retenue et la désescalade.
En conclusion, la République démocratique du Congo a proposé cinq leviers essentiels sur lesquels le Conseil de sécurité pourrait fonder son action : le renforcement de la coopération et de la coordination des efforts internationaux et régionaux ; l’intégration des nouvelles menaces émergentes et technologiques ; un appui plus substantiel aux stratégies régionales durables ; le renforcement de la prévention et de la résilience des États côtiers ; ainsi que la promotion d’une gouvernance maritime inclusive et préventive fondée sur le respect du droit international.