Lors de la 10191e séance du Conseil de sécurité consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, la République démocratique du Congo a exprimé sa préoccupation face à la poursuite des hostilités en Ukraine et à l’aggravation de leurs conséquences humanitaires.
La RDC a appelé au respect du droit international et du droit international humanitaire, à la protection des populations civiles, à la désescalade ainsi qu’à la reprise du dialogue, de la médiation et des efforts diplomatiques.
Elle a réaffirmé qu’aucune solution militaire ne saurait conduire à une paix durable et a renouvelé son soutien à toute initiative crédible en faveur d’une paix juste, durable et conforme aux principes de la Charte des Nations Unies.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo.
Je remercie Madame Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux Affaires politiques et à la Consolidation de la paix, et Monsieur Indrika Ratwatte, Sous-Secrétaire général ad intérim aux Affaires humanitaires, pour leurs exposés exhaustifs.
La République démocratique du Congo demeure préoccupée par la poursuite des hostilités. Malgré les nombreux appels à la désescalade et à la retenue lancés par ce Conseil, ma délégation constate avec regret que la logique militaire semble irrémédiablement prendre le pas sur les efforts politiques et diplomatiques pourtant indispensables à un règlement durable de ce conflit, au détriment des populations civiles, notamment les femmes et les enfants, qui en payent un lourd tribut.
Réaffirmant son profond attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, au respect du droit international et du droit international humanitaire, la République démocratique du Congo rappelle qu’il ne saurait y avoir de solution militaire à ce conflit.
Les informations portées à l’attention du Conseil au cours de ces dernières semaines témoignent, une nouvelle fois, du coût humain considérable de la poursuite des hostilités. Aujourd’hui encore, le constat demeure le même : l’intensification des opérations militaires à travers le recours croissant à des drones, missiles et autres armes sophistiquées ne fait qu’accroître l’exposition des populations civiles aux effets des hostilités et rend toujours plus fragile la protection des infrastructures indispensables à leur survie.
La République démocratique du Congo ne peut demeurer insensible à ces conséquences, notamment humanitaires, qui continuent de rythmer le cours de cette guerre. En effet, aux pertes en vies humaines s’ajoutent les déplacements de populations, la destruction des moyens de subsistance, les perturbations des services essentiels ainsi que des traumatismes dont les effets continueront de peser durablement sur les générations futures. Ces réalités ne peuvent en aucun cas être ignorées et rappellent l’ampleur du coût humain de ce conflit ainsi que l’urgence de mettre un terme à cette spirale sans issue.
À ce propos, ma délégation aimerait rappeler les trois points suivants :
Premièrement, la République démocratique du Congo réaffirme que toutes les parties au conflit sont tenues de respecter pleinement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, notamment du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme. La protection des civils ainsi que des biens de caractère civil doit demeurer une priorité absolue, en toutes circonstances ;
Deuxièmement, aucune escalade militaire ne saurait créer les conditions d’une paix durable. Tel que nous l’avions précédemment indiqué, chaque nouvelle offensive éloigne davantage les perspectives d’un règlement négocié tout en aggravant les souffrances des populations civiles. Seules la désescalade, la retenue et la reprise d’un dialogue sincère permettront d’ouvrir la voie à une solution politique conforme aux buts et principes de la Charte des Nations Unies ;
Troisièmement, ma délégation appelle toutes les parties à s’abstenir de tout acte susceptible d’aggraver davantage la situation et à privilégier, sans délai, les voies du dialogue, de la médiation et de la diplomatie, conformément à l’esprit de la Charte des Nations Unies.
Pour conclure, la République démocratique du Congo rappelle qu’il incombe au Conseil de sécurité, conformément aux responsabilités que lui confère la Charte des Nations Unies, de poursuivre ses efforts en faveur d’un règlement pacifique de ce conflit. Pour sa part, ma délégation continuera d’appuyer toute initiative crédible susceptible de favoriser la désescalade, de protéger les populations civiles et de rapprocher les parties d’une paix juste et durable dans le respect du droit international.
Je vous remercie.