À l’occasion de la 10187e séance du Conseil de sécurité, tenue le 29 juin 2026 et consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, la République démocratique du Congo a réaffirmé son attachement à la protection des civils, en particulier des enfants, dans le contexte du conflit en Ukraine.
Dans sa déclaration, la RDC a exprimé sa vive préoccupation face aux informations rapportées au Conseil faisant état d’un incident ayant causé un décès et plusieurs blessés, dont des enfants. Elle a rappelé que la protection des civils constitue une obligation fondamentale et que les impératifs militaires ne sauraient justifier un manquement au droit international humanitaire.
La RDC a également appelé à la retenue, à la désescalade, au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, ainsi qu’à la recherche d’une paix juste, durable et négociée.
Retrouvez l’intégralité de la déclaration ci-dessous, prononcée par Madame Victoria Liolocha Lieta, Ministre Conseiller à la Mission permanente de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies.
Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo vous remercie pour la convocation de cette séance publique d’information, tenue au titre du point de l’ordre du jour relatif aux « Menaces contre la paix et la sécurité internationales ».
Ma délégation remercie Madame la Sous-secrétaire générale, Martha Pobee pour son exposé.
Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo exprime sa vive préoccupation face aux informations rapportées à ce Conseil faisant état d’un incident ayant affecté des populations civiles, causant un décès et plusieurs blessés dont des enfants.
Les informations rapportées y établissent un lien avec le conflit en cours en Ukraine et démontrent, encore une fois et comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises au sein de ce Conseil, qu’il ne saurait y avoir de solution militaire durable à cette crise.
En effet, la prolongation de ce conflit continue, jour après jour, d’alourdir le bilan humain en même temps qu’il étend son champ opérationnel. L’intensification des opérations militaires observée au cours des dernières semaines marquée notamment par l’emploi croissant de drones, de missiles et d’autres systèmes d’armes sophistiqués, ne peuvent que nourrir nos inquiétudes tant les populations civiles continuent d’être exposées à des risques particulièrement élevés.
Madame la Présidente,
Pour la République démocratique du Congo, toute information faisant état d’incidents susceptibles d’avoir affecté des civils, en particulier des enfants, appelle à la plus grande vigilance. Ma délégation tient à rappeler que les enfants ne doivent jamais être pris pour cible ni exposés aux effets directs ou indirects des hostilités. Leur protection constitue une obligation juridique “erga omnes”. C’est egalement une obligation morale et humanitaire qui s’impose à toutes les parties à un conflit armé, sans exception.
La protection des civils, et singulièrement des enfants, doit demeurer une priorité absolue pour toutes les parties. Les impératifs militaires ne sauraient, en aucune circonstance, justifier un manquement aux obligations découlant du droit international humanitaire.
L’évolution de ce conflit rappelle également qu’aucune technologie militaire, aussi avancée soit-elle, ne peut totalement prémunir les populations civiles contre les conséquences de la guerre. L’emploi croissant de moyens militaires sophistiqués exige, de ce fait, un niveau accru de précaution, de contrôle et de responsabilité de la part de tous les acteurs concernés.
Madame la Présidente,
Ma délégation réaffirme qu’un règlement politique et diplomatique, fondé sur le dialogue, la bonne foi, le respect du droit international et des principes consacrés par la Charte des Nations Unies, demeure la seule voie crédible vers une paix durable dans cette région.
Dans cette perspective, la République démocratique du Congo appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions et à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des populations civiles, en particulier des enfants. Elle appelle également à la cessation des attaques contre les infrastructures civiles et au strict respect des obligations découlant du droit international humanitaire ainsi que du droit international des droits de l’homme.
Ma délégation demeure convaincue qu’un cessez-le-feu effectif, vérifiable et mis en œuvre de bonne foi constitue une étape indispensable pour réduire les souffrances humaines, restaurer un minimum de confiance et créer les conditions propices à une reprise sérieuse du dialogue.
Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo réaffirme son attachement constant au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de tous les États, conformément à la Charte des Nations Unies. Elle souligne, dans le même temps, que le respect de ces principes doit aller de pair avec le respect absolu des obligations relatives à la protection des civils et des enfants en période de conflit armé.
Le Conseil de sécurité doit demeurer uni sur un principe fondamental : les enfants doivent être protégés partout, en tout temps et sans discrimination. Leur sécurité ne saurait être subordonnée aux divisions politiques. Chaque incident impliquant des civils, et plus particulièrement des enfants, rappelle l’urgence de prévenir l’escalade, de préserver l’espace humanitaire et de privilégier les voies diplomatiques.
Pour conclure, la République démocratique du Congo réaffirme que la protection effective des populations civiles, la désescalade, le respect du droit international humanitaire et la poursuite d’efforts diplomatiques sincères doivent demeurer au cœur de l’action collective.
À chaque nouvelle réunion consacrée à cette situation, le Conseil est rappelé à une réalité constante : ce sont les populations civiles qui continuent de supporter le coût humain le plus lourd du conflit. Cette réalité impose la retenue, la responsabilité et la recherche résolue d’une paix juste, durable et négociée.
Je vous remercie.