Lors de la 10169e séance du Conseil de sécurité, tenue le 10 juin 2026, sur le thème « Faire progresser des solutions politiques au Moyen-Orient : médiation et dialogue pour une paix durable », la République démocratique du Congo a réaffirmé son attachement au dialogue, à la médiation, à la diplomatie préventive et au multilatéralisme.
La RDC a souligné que les solutions politiques demeurent la voie la plus crédible vers une paix durable, tout en appelant à la protection des civils, au respect du droit international humanitaire, au renforcement des initiatives de médiation et à l’inclusion des femmes, des jeunes et de la société civile dans les processus de paix.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la déclaration prononcée par S.E.M. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies.
Monsieur le Président,
Ma délégation présente ses hommages les plus respectueux à Son Excellence Monsieur Gustavo PETRO, Président de la République de Colombie, et lui exprime sa gratitude pour l’honneur qu’il a bien voulu faire au Conseil en rehaussant de sa présence les travaux de ce jour.
La République démocratique du Congo remercie la République sœur de Colombie pour l’organisation de ce débat public qui consiste à promouvoir des solutions politiques au Moyen-Orient.
Ma délégation évalue les bénéfices d’une telle initiative qui offre au Conseil un cadre de réflexion pertinent, en vue de la consolidation des efforts collectifs destinés à instaurer une paix durable dans cette région stratégique du monde.
Nous remercions également leurs Excellences, les Ministres des Affaires étrangères présents dans la salle. La présence du Secrétaire général et son exposé de tout à l’heure témoignent également de sa détermination d’œuvrer inlassablement en faveur de la paix et de la sécurité dans le monde.
Monsieur le Président,
L’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire au Moyen Orient demeure une source de préoccupation pour la République démocratique du Congo. Outre le fait qu’elles constituent une menace sérieuse pour la stabilité régionale, la paix et la sécurité internationales, les violences enregistrées dans la région rappellent chaque jour le coût humain considérable que peut générer l’absence de règlement politique durable.
Les populations civiles continuent d’en payer le lourd tribut tandis que les répercussions de ces crises se font sentir bien au-delà de leur champ immédiat à travers, notamment, les différentes perturbations générées sur les chaînes d’approvisionnement, les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire ; des enjeux qui affectent directement de nombreux États, y compris ceux du continent africain, dont la République démocratique du Congo.
Monsieur le Président,
C’est précisément dans ce contexte que les solutions politiques durables, fondées sur le dialogue inclusif, la médiation et la diplomatie préventive, prennent tout leur sens. Les solutions politiques demeurent la seule voie crédible vers une paix durable, là où les réponses militaires ne parviennent pas à résoudre des crises profondément enracinées dans des dynamiques historiques, politiques et sociales complexes.
À cet égard, nous saluons les efforts déployés par le Secrétaire général, ses Envoyés Spéciaux, ainsi que par les Organisations Régionales et les États partenaires engagés dans la recherche de solutions pacifiques aux conflits dans la région.
La République démocratique du Congo rappelle que l’objectif ultime de toute résolution politique et de toute médiation demeure la préservation des vies humaines et le rétablissement des conditions propices à une coexistence pacifique. En effet, la protection des civils doit demeurer au cœur de toute réponse internationale. Nous condamnons, de ce fait, fermement les attaques contre les populations civiles et les infrastructures essentielles, ainsi que les entraves à l’accès humanitaire.
Nous soulignons, en outre, qu’il est impératif de garantir la sécurité du personnel humanitaire, des secours et du personnel médical, conformément aux principes du droit international humanitaire, tout en mobilisant les ressources nécessaires pour répondre à des besoins humanitaires croissants.
Monsieur le Président,
L’expérience africaine nous l’enseigne à suffisance : les processus de médiation inclusifs, sensibles au contexte, portés par une appropriation nationale et orientés vers la diminution des souffrances des populations sont essentiels pour instaurer une paix durable. Ces processus doivent, en outre, s’accompagner de cessez-le-feu durables, appuyés par des engagements politiques clairs, des garanties internationales et des mécanismes de suivi crédibles.
Dans ce contexte, nous appelons le Conseil de Sécurité à :
- Renforcer la cohérence et la complémentarité entre les initiatives de médiation existantes, notamment les efforts des Nations Unies, des Organisations régionales et des Etats;
- Promouvoir des processus de dialogue inclusifs, impliquant pleinement les femmes, les jeunes et la société civile ;
- Assurer la mise en œuvre effective des mécanismes prévus au Chapitre VI de la Charte des Nations Unies, conformément à la Résolution 2788 (2025) ;
- Contribuer à atténuer les impacts des conflits sur la sécurité alimentaire mondiale, les chaînes d’approvisionnement et la liberté de navigation.
Enfin, la République démocratique du Congo insiste sur la nécessité de tirer les leçons des expériences passées afin de renforcer des approches de médiation plus flexibles, inclusives et adaptées aux réalités historiques et culturelles propres à chaque contexte.
En conclusion, mon pays réaffirme son attachement au multilatéralisme et appelle à un engagement renouvelé en faveur du dialogue et de la médiation. Il est de notre responsabilité collective de faire progresser des solutions politiques crédibles et durables au Moyen-Orient, dans l’intérêt de la paix et de la sécurité internationales.
Je vous remercie.