À la 10166e réunion du Conseil de sécurité consacrée au maintien de la paix et de la sécurité de l’Ukraine, la République démocratique du Congo a exprimé sa profonde préoccupation face à l’intensification des opérations militaires et à leurs conséquences sur les populations civiles.
La RDC a rappelé l’obligation de respecter la Charte des Nations Unies, le droit international et le droit international humanitaire, tout en appelant à la protection des civils, à un cessez-le-feu effectif et vérifiable, ainsi qu’à la reprise d’un dialogue sincère entre les parties.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la déclaration prononcée par S.E. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies.
Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo remercie la Présidence du Conseil pour la convocation de cette réunion en urgence. Nous remercions également Madame Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux Affaires politiques et à la Consolidation de la paix, et Monsieur Indrika Ratwatte, Sous-Secrétaire générale ad intérim aux Affaires humanitaires, pour leurs exposés exhaustifs.
Dans la droite ligne des correspondances adressées au Conseil ces dernières semaines, la dernière missive fait état d’une intensification préoccupante des opérations militaires, confirmant une dynamique d’escalade que la République démocratique du Congo n’a eu de cesse de déplorer. Les informations communiquées font notamment état d’un recours particulièrement important aux drones et aux missiles, illustrant une évolution du conflit vers des formes de combat toujours plus sophistiquées, mais dont les conséquences continuent malheureusement d’être supportées par les populations civiles. Les exposés que nous venons d’entendre de la part de la DPPA et de l’OCHA confirment, une fois de plus, la poursuite d’une spirale de violence dont les populations civiles demeurent les premières victimes.
Madame la Présidente,
La République Démocratique du Congo suit avec une profonde préoccupation les développements récents cette guerre ainsi que l’aggravation continue de ses conséquences humaines et matérielles.
Fidèle à sa position de principe, la République démocratique du Congo réaffirme son attachement indéfectible à la Charte des Nations Unies, au droit international ainsi qu’au droit international humanitaire, qui doivent demeurer les fondements de toute action collective en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Ma délégation rappelle, l’obligation, pour toutes les parties au conflit, de protéger les populations civiles ainsi que les infrastructures civiles. Ce principe ne peut souffrir d’aucun manquement tout comme la garantie, d’un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave, pour les populations dans le besoin. Les installations énergétiques, les établissements de santé, les écoles, les réseaux d’approvisionnement en eau ainsi que l’ensemble des infrastructures indispensables à la vie quotidienne ne sauraient également être pris pour cibles. Toute atteinte de ces infrastructures demeure inacceptable.
Madame la Présidente,
Les conséquences liées à la poursuite du conflit, au cours de ces dernières semaines se veulent particulièrement lourdes. Bien plus, et non moins inquiétant, l’emploi croissant de technologies militaires toujours plus sophistiquées dans les opérations laisse présager une multiplication de drames et de dommages qu’il nous revient collectivement de prévenir, et ce au bénéfice des populations.
En effet, alors même que le progrès technologique aurait pu laisser espérer davantage de distinction et de protection dans la conduite des opérations, force est de constater que les dommages causés aux populations civiles et aux infrastructures essentielles demeurent considérables et concourent chaque jour davantage à éloigner les perspectives d’un règlement pacifique.
Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo tient à souligner, une fois de plus, qu’il n’existe pas de solution militaire durable à cette crise. Seul un règlement politique et diplomatique, fondé sur le dialogue, la bonne foi et le respect des principes de la Charte des Nations Unies, permettra d’ouvrir une perspective crédible de paix.
Dans cet esprit, ma délégation considère qu’un cessez-le-feu effectif, vérifiable et mis en œuvre de bonne foi demeure une étape indispensable pour favoriser une reprise durable du dialogue. Une cessation réelle des hostilités permettrait non seulement d’alléger immédiatement les souffrances des populations civiles, mais également de recréer progressivement les conditions minimales de confiance nécessaires à toute négociation sérieuse.
À cet égard, la République démocratique du Congo prend note avec intérêt des différentes initiatives diplomatiques et des propositions avancées en faveur d’une désescalade et d’une cessation des hostilités. Sans préjuger des positions de fond des parties, nous estimons que toute démarche crédible susceptible de réduire les souffrances humaines, de favoriser la désescalade et de recréer un minimum de confiance mérite d’être encouragée et examinée avec le sérieux requis.
Madame la Présidente,
Pour conclure, le Conseil de sécurité ne peut se résigner à voir cette guerre s’inscrire dans la durée ni accepter que les atteintes répétées au droit international deviennent une réalité progressivement banalisée. Plus le conflit se prolonge, plus le coût humain s’alourdit et plus les perspectives d’une paix durable s’éloignent.
À l’heure où les technologies militaires atteignent un niveau de sophistication sans précédent, nous devons collectivement nous interroger sur le paradoxe d’une guerre qui demeure incapable d’épargner les populations civiles. Quels que soient les moyens employés, aucune innovation technologique ne saurait atténuer la réalité fondamentale des conflits armés. Ceux-ci, continuent et continueront de semer la mort, la destruction et la souffrance humaine.
La République démocratique du Congo demeure convaincue que la sécurité ne saurait résulter d’une logique d’escalade permanente. Seuls un cessez-le-feu effectif, la retenue et le recours à la diplomatie à travers, notamment, la reprise d’un dialogue sincère entre les parties en conflit, permettront de créer les conditions d’une paix juste, durable et conforme aux principes de la Charte des Nations Unies.
Je vous remercie.