À l’occasion de la 10162e réunion du Conseil de sécurité consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, tenue le 1er juin 2026, la République démocratique du Congo a exprimé sa profonde préoccupation face à la poursuite de l’escalade du conflit en Ukraine et aux risques croissants que cette situation fait peser sur les populations civiles, la stabilité régionale et la sécurité internationale.

Dans sa déclaration, la RDC a rappelé la nécessité du respect strict du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, tout en réaffirmant que la protection des civils demeure une obligation fondamentale.

La République démocratique du Congo a également réitéré son appel à un cessez-le-feu immédiat, à la désescalade et au retour à la voie diplomatique, soulignant qu’aucune solution militaire durable ne peut mettre fin à cette crise. Elle a plaidé pour une solution politique négociée, fondée sur la Charte des Nations Unies et le respect du droit international.

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration prononcée par S.E. Jocelyne Kabengele Lukundula, Ambassadeur et Représentante permanente adjointe de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies.


Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo tient à vous féliciter ainsi que votre pays, la République sœur de Colombie en ce premier jour de votre présidence. Nous vous souhaitons pleins succès dans la conduite de nos travaux au courant de ce mois de juin 2026 tout en vous remerciant pour la convocation de cette réunion d’urgence consacrée au maintien de la paix et de la sécurité de l’Ukraine.

La République démocratique du Congo remercie également les intervenants pour leurs exposés ainsi que pour les informations fournies sur les développements récents ayant conduit à la tenue de cette réunion.

Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo a pris note avec préoccupation des informations faisant état de la chute de drones survenus dans la municipalité de Galați, à proximité immédiate de la frontière ukrainienne. Au-delà des considérations sur les circonstances exactes de cet incident, ces événements illustrent une fois de plus les risques considérables que fait peser la poursuite des hostilités sur la stabilité régionale et internationale.

Alors que le Conseil s’est réuni à plusieurs reprises ces dernières semaines pour examiner l’évolution de la situation en Ukraine, force est malheureusement de constater que les développements sur le terrain continuent de confirmer une dynamique d’escalade préoccupante.

La République démocratique du Congo ne cesse de réaffirmer que chaque nouvel incident, chaque nouvelle frappe et chaque nouvelle atteinte à des zones habitées démontre avec acuité combien ce conflit demeure porteur de risques qui dépassent désormais largement le seul théâtre des opérations militaires.

Ma délégation relève que, depuis plusieurs années déjà, les conséquences humaines, politiques, sécuritaires et économiques de ce conflit affectent des territoires ainsi que des populations bien éloignées de son champ immédiat. Cette réalité devrait inciter toutes les parties à mesurer pleinement les conséquences d’une guerre dont l’impact ne cesse de s’élargir à mesure que s’éloigne la perspective d’un règlement politique.

Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo demeure profondément préoccupée par l’extension progressive de l’empreinte sécuritaire de ce conflit ainsi que par la normalisation progressive d’une logique de guerre qui semble entretenir un cycle continu d’actions et de réactions militaires.

Loin de concourir à la possibilité d’une paix durable et d’un soulagement pour les populations piégées par ces violences, cette logique contribue, au contraire, à accroître les souffrances humaines, à fragiliser davantage la sécurité régionale et à multiplier les risques d’incidents susceptibles d’entraîner des conséquences imprévisibles.

En effet, malgré la sophistication croissante des moyens militaires, les populations civiles continuent d’en payer le lourd tribut et laisse transparaître une vérité fondamentale : qu’elle qu’en soit la forme ou les technologies employées, la guerre demeure porteuse de souffrances humaines, d’incertitudes et de risques dont les conséquences dépassent souvent les objectifs poursuivis par les parties en conflit.

Fort de ce constat, la République démocratique du Congo rappelle la nécessité pour toutes les parties de respecter pleinement leurs obligations internationales, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans la conduite des hostilités. En ce sens, la protection des populations civiles ne peut faire l’objet de quelque entorse. Elle demeure une obligation fondamentale au regard du droit international humanitaire.

Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo réaffirme une nouvelle fois qu’il ne peut y avoir de solution militaire durable à cette crise.

Les développements successifs sur le terrain confirment que l’escalade militaire ne produit ni sécurité durable ni perspective crédible de règlement. Plus préoccupant encore, elle entretient une dynamique dont les effets semblent désormais s’étendre bien au-delà des lignes de front, avec des conséquences dont nul ne peut aujourd’hui mesurer pleinement la portée.

C’est pourquoi la République démocratique du Congo réitère son appel en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, de mesures concrètes de désescalade et d’un retour résolu et absolu à la voie diplomatique.

Nous exhortons toutes les parties, sans exception, à privilégier le dialogue, à faire preuve de retenue et à s’engager de bonne foi dans les initiatives visant à créer les conditions d’un règlement pacifique du conflit.

Ma délégation demeure convaincue que seule une solution politique négociée, fondée sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies ainsi que sur le respect du droit international, permettra d’ouvrir la voie à une paix juste, durable et crédible.

Madame la Présidente,

Pour conclure, les événements récents doivent être perçus comme un rappel supplémentaire du coût humain, sécuritaire et politique de la poursuite des hostilités. Plus la guerre se prolonge, plus les risques s’accumulent, plus les souffrances s’aggravent et plus les perspectives d’un règlement négocié s’éloignent. C’est uniquement par la désescalade, la diplomatie et la volonté politique que pourra être ouverte la voie d’une paix durable au bénéfice des populations civiles et de la stabilité internationale.

Je vous remercie.