À l’occasion de la 10158e séance du Conseil de sécurité consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, la République démocratique du Congo a exprimé sa vive préoccupation face à la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, ainsi qu’aux conséquences de la guerre sur les populations civiles.

Dans sa déclaration, la RDC a rappelé que la protection des civils, notamment des enfants, des étudiants et des infrastructures civiles, constitue une obligation non négociable pour toutes les parties. Elle a également souligné qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit et a appelé à la retenue, à la désescalade, au respect du droit international, au dialogue, à la médiation et à la recherche d’une paix durable fondée sur la Charte des Nations Unies.

L’intégralité de la déclaration prononcée par S.E. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, est publiée ci-dessous.


Monsieur le Président,

La République démocratique du Congo suit avec une vive préoccupation la poursuite de la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire en Ukraine, ainsi que l’élargissement continu des effets de cette guerre sur les populations civiles, les infrastructures essentielles et les perspectives d’un règlement pacifique.

Ma délégation remercie les intervenants pour leurs exposés, qui rappellent une fois de plus l’urgence d’une mobilisation responsable de ce Conseil en faveur de la protection des civils, de la désescalade et de la recherche d’une paix juste, durable et crédible.

Monsieur le Président,

Les informations récentes faisant état d’une attaque par drones, qui a touché un établissement accueillant des mineurs et des étudiants à Starobelsk, dans la région de Louhansk, sont profondément préoccupantes. Soixante-douze heures après notre précédente intervention, les craintes que nous exprimions au sujet du prolongement de ce conflit et de ses répercussions sur les populations civiles ont malheureusement trouvé écho dans le drame qui vient de se produire.

Il vous souviendra, en effet, que ma délégation avait attiré l’attention de ce Conseil, ce mardi, sur le fait que les récents développements sur le conflit en cours illustraient une tendance dangereuse. Cette nouvelle attaque le confirme : plus cette guerre se prolonge, plus la frontière entre le champ de bataille et l’espace civil devient fragile, exposant les populations à des souffrances toujours plus graves.

La République démocratique du Congo tient à rappeler avec force que la protection des civils en temps de conflit demeure un principe sacrosaint qui ne saurait déroger ni être justifié par aucune logique de guerre, aucune considération militaire.  Aucune riposte ne pourrait encore moins justifier que des enfants, des établissements scolaires puissent être exposés à des attaques.

La protection des civils ne peut être sélective. Elle s’impose à toutes les parties, en toutes circonstances, conformément au droit international, au droit international humanitaire et aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies.

La République démocratique du Congo rappelle, une nouvelle fois, qu’il ne saurait y avoir de solution militaire à ce conflit. Le dialogue et la diplomatie, représentent les seules voies d’un règlement définitif de ce conflit, au bénéfice des populations qui n’ont que beaucoup trop souffert. A cet égard, ma délégation invite toutes les parties à la retenue et à la désescalade, et ce Conseil à encourager tous les efforts de médiation entrepris, notamment par les partenaires.

Ma délégation rappelle également que l’accès humanitaire rapide, sûr, durable et sans entrave doit être garanti à toutes les personnes dans le besoin. Le personnel humanitaire, les travailleurs médicaux, les secouristes et les infrastructures de secours doivent être protégés en toutes circonstances.

La République démocratique du Congo encourage, de ce fait, toutes les initiatives susceptibles de réduire les tensions, de préserver les canaux de communication entre les parties et de restaurer progressivement la confiance. Les échanges de prisonniers intervenus récemment démontrent que le dialogue demeure possible, même dans un contexte de confrontation profonde.

Monsieur le Président,

Face à la souffrance des populations civiles, notre responsabilité collective ne peut être celle de l’indifférence, de la polarisation ou de la résignation. Elle doit être celle de la retenue, de la responsabilité et de la recherche sincère de la paix.

La République démocratique du Congo exhorte donc les parties à rompre avec la logique de confrontation, à respecter strictement leurs obligations internationales, à épargner les populations civiles et à privilégier résolument la voie de la diplomatie, du dialogue et de la médiation.

Pour conclure, ma délégation réaffirme son attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, au respect du droit international et à la nécessité d’une paix durable, fondée sur la sécurité des populations, la responsabilité des parties et la restauration de la confiance.

Je vous remercie.