À l’occasion de la réunion d’information publique du Conseil de sécurité consacrée à la situation sécuritaire et humanitaire en Ukraine, la République démocratique du Congo a réaffirmé son attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, au droit international et au droit international humanitaire.

Dans sa déclaration, la RDC a exprimé sa vive préoccupation face à la poursuite des hostilités et à leurs conséquences dramatiques sur les populations civiles. Elle a appelé les parties à protéger strictement les civils et les infrastructures essentielles, à garantir un accès humanitaire rapide, sûr, durable et sans entrave, et à privilégier la voie de la diplomatie, du dialogue et de la médiation.

La République démocratique du Congo a souligné qu’il ne saurait y avoir de solution militaire à ce conflit et a encouragé tous les efforts susceptibles de rapprocher les positions, de restaurer la confiance et d’ouvrir la voie à une paix juste, durable et crédible.

La déclaration de la République démocratique du Congo est publiée ci-dessous dans son intégralité.


Monsieur le Président,

La détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire en Ukraine mérite une attention soutenue de la communauté internationale en général et de ce Conseil en particulier. Pire, cette guerre se veut chaque jour bien plus sophistiquée, plus diffuse et plus brutale, exposant des millions de civils à d’indicibles souffrances.

La République démocratique du Congo remercie à cet égard, Mesdames Kayoko GOTOH et Edem WOSORNU, respectivement Directrice et Officier en charge pour l’Europe, l’Asie centrale et les Amériques au sein du Département des Affaires politiques et de la consolidation de la paix des Nations Unies, et Directrice de la Division des opérations au sein du Bureau de Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, pour leur exposés sur la situation sécuritaire et humanitaire en Ukraine.

Monsieur le Président,

Alors que cette réunion intervient au moment où notre Organisation commémore la protection des civils dans les conflits armés, les récents développements nous rappellent avec brutalité combien il demeure urgent que ce Conseil, ainsi que l’ensemble de la Communauté internationale, redoublent d’efforts afin de mettre un terme définitif à cette guerre qui n’a que trop duré.

En effet, la protection des civils ne peut demeurer un simple principe ou slogan rappelé dans nos débats. Elle doit constituer une obligation concrète, immédiate et intangible. Il sied de rappeler à ce propos que chaque attaque supplémentaire contre des zones habitées, chaque riposte, chaque intensification des hostilités éloigne davantage les perspectives d’un règlement pacifique et durable.

Monsieur le Président,

La République démocratique du Congo réitère sa conviction qu’il ne saurait y avoir de solution militaire à ce conflit. Les évènements du week-end le démontrent à suffisance.  En effet, la dangereuse escalade observée au cours de ces dernières heures ne saurait concourir à l’instauration d’une dynamique positive en vue de l’instauration d’un cessez-le-feu crédible et durable entre les parties.

Bien plus, ma délégation exprime sa vive inquiétude quant au nouveau seuil franchi dans cette guerre où nous assistons avec impuissance aussi bien à une surenchère des parties ainsi qu’à une mutation inquiétante de ce conflit qui ne laisse présager qu’une seule issue : l’horreur et le désarroi pour des générations entières d’adultes, de jeunes et d’enfants otages d’une logique de confrontation aux conséquences humanitaires dramatiques et qui éloignent toute perspective de règlement politique.

Chaque jour le risque de dommages collatéraux sur les populations civils s’accroît exponentiellement. Or, point n’est besoin de rappeler les principes sacrosaints du droit international et de la Charte des Nations Unies qui guident notre action collective ; ces principes établissant notamment que les populations civiles ne doivent jamais être prises pour cible tout autant que les infrastructures civiles, notamment les réseaux énergétiques, les établissements de santé, les écoles, les habitations et les installations nécessaires à la fourniture des services essentiels, qui doivent en toutes circonstances être protégées.

Monsieur le Président,

Les exposés nous présentés sont sans appel. La situation humanitaire en Ukraine requiert notre plus grande attention. Ma délégation rappelle, à cet égard, la nécessité pour toutes les parties au conflit à garantir un accès rapide, sûr, durable et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin, conformément aux dispositions pertinentes du droit international et du droit international humanitaire.

Nous rappelons également la nécessité de protéger le personnel humanitaire, les travailleurs médicaux et les infrastructures de secours. Une attention particulière doit être accordée aux populations déplacées, aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées ainsi qu’aux personnes vivant avec handicap.

Monsieur le Président,

La guerre en Ukraine se veut un enseignement profond. On y observe que lorsqu’un conflit se prolonge au point de brouiller les frontières entre le champ de bataille et l’espace civil, il finit par fragiliser non seulement la sécurité des populations, mais également les fondements mêmes de la stabilité internationale.

En effet, comme nous l’évoquions précédemment, ce conflit, au-delà même du champ opérationnel immédiat, continue également de produire des effets transnationaux préoccupants, notamment, le recrutement de ressortissants étrangers, y compris en provenance du continent africain, parfois dans des conditions troubles sont suffisamment d’indicateurs qui devraient nous convaincre de l’impérieuse nécessité de mettre un terme définitif à la logique d’enlisement sans fin qui semble aujourd’hui avoir pris le pas sur toute rationalité et sur toute responsabilité.

Monsieur le Président,

Les développements récents démontrent avec inquiétude que plus cette guerre se prolonge, plus ses conséquences humaines, humanitaires et sécuritaires deviennent profondes et diffuses.

Pour conclure, la République démocratique du Congo exhorte les parties à rompre avec la logique de confrontation et à donner une réelle chance à la paix en privilégiant résolument la voie de la diplomatie.

Face à cette réalité, notre responsabilité collective ne peut être celle de la résignation. Elle doit être celle du sursaut diplomatique et de la protection stricte des populations civiles. La République démocratique du Congo encourage, à cet égard, tous les efforts diplomatiques et de médiation susceptibles de rapprocher les positions et de restaurer la confiance entre les parties, comme l’ont illustré les récents échanges de prisonniers de guerre qui démontrent que des canaux de dialogue demeurent possibles et doivent être préservés.

Je vous remercie.