Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo tient à féliciter la République fédérale de Somalie pour la diligence avec laquelle elle a dirigé les travaux du Conseil de sécurité tout au long du mois de janvier qui s’achève et pour avoir pris l’initiative d’organiser ce débat trimestriel sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question de la Palestine.
Nous saluons la présence dans cette salle du Coordonnateur Spécial Adjoint pour le Processus de Paix au Moyen-Orient ainsi que celle de leurs Excellences, Madame et Monsieur les Ministres des Affaires Étrangères du Libéria et de la Grèce. La République démocratique du Congo demeure préoccupée par la persistance des tensions et des foyers d’instabilité à travers le Moyen-Orient, notamment en Syrie, au Yémen ou encore au Liban. La région est marquée par l’enchevêtrement des crises politiques, sécuritaires et humanitaires. La fragmentation des dynamiques régionales, la multiplication des acteurs armés et le risque permanent d’escalade rappellent l’urgence d’une approche globale, cohérente et fondée sur le respect du droit international afin de prévenir toute extension des conflits et préserver la paix et la sécurité régionales.
Monsieur le Président,
Notre propos de ce matin va plus se focaliser sur la question palestinienne, épicentre de la crise au Moyen-Orient. Cette réunion intervient deux mois après le momentum consacré par l’adoption de la résolution 2803. Elle offre l’opportunité au Conseil de se saisir, en ce début d’année 2026, des prémisses d’un retour à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient, particulièrement dans la bande de Gaza. Le Conseil a, par cette résolution, proposé un cadre pour une transition inclusive à Gaza, ce qui constitue une avancée importante. La crédibilité du Conseil dépendra de sa mise en œuvre effective et transparente.
D’emblée, la République démocratique du Congo aimerait saluer le leadership des Etats-Unis d’Amérique, ainsi que les actions du Qatar, de la République arabe d’Egypte et de la République de Turkiye dans la conclusion du Plan d’ensemble visant à mettre fin au conflit à Gaza ; particulièrement, dans les efforts engagés pour l’obtention d’un cessez-le-feu entre les parties en conflit.
Cette avancée historique suscite certes l’espoir d’une dynamique positive en faveur des populations piègées par la guerre, mais conduit également à rappeler, une fois de plus, la prévalence de la retenue, du dialogue et de la diplomatie comme solutions aux crises, même les plus aiguës. Aussi, la situation de Gaza rappelle que sans volonté politique réelle et sans engagement sincère, aucune désescalade ni aucune paix ne peuvent être envisagées.
Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo note avec satisfaction les avancées sur le plan politique et diplomatique dans la résolution de la crise à Gaza. Elle salue notamment la récente nomination des animateurs du Conseil de Paix et du Comité National pour l’administration de Gaza. Elle tient néanmoins à attirer l’attention du Conseil sur la situation humanitaire qui demeure profondément alarmante. La protection des civils, du personnel humanitaire et des infrastructures civiles doit rester une priorité absolue, conformément au droit international humanitaire. Malgré une amélioration partielle de l’acheminement de l’aide, les besoins demeurent immenses. La République démocratique du Congo appelle avec insistance à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave ainsi qu’à un appui financier accru pour soutenir la réponse humanitaire des Nations Unies.
A cet égard, nous soulignons la nécessité d’une approche constructive face au rôle de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et les garanties de sécurité à accorder aux agents des Nations Unies pendant l’exercice de leur mandat, en particulier celle touchant à la protection des populations civiles vulnérables.
Monsieur le Président,
Pour conclure, les membres du Conseil ont une responsabilité collective de veiller au respect du cessez-le-feu et de s’assurer que celui-ci se transforme en une paix durable. Ils sont appelés à rester unis, vigilants et engagés afin d’accompagner les parties vers une stabilité réelle au bénéfice de toutes les populations de la région.
Je vous remercie.