New York, 18 mars 2026 — À l’occasion du deuxième dialogue interactif annuel, au niveau des ambassadeurs, sur le Fonds de consolidation de la paix du Secrétaire général, tenu ce mercredi 18 mars 2026 à l’ECOSOC Chamber, la République démocratique du Congo a présenté le cadre institutionnel de sa collaboration avec le Fonds de consolidation de la paix (PBF), ainsi que ses priorités nationales et les principaux résultats déjà enregistrés.

Dans son intervention, la RDC a rappelé que ce dialogue s’inscrit dans le prolongement direct des résolutions issues de l’examen de l’architecture de consolidation de la paix, adoptées par consensus le 26 novembre 2025, lesquelles invitent les pays bénéficiaires à partager avec la Commission de consolidation de la paix leurs priorités, leurs réalisations et leurs défis.

La délégation congolaise a mis en avant le mécanisme de gouvernance partagée encadrant cette coopération, à travers un Comité de pilotage coprésidé par le Coordonnateur résident des Nations Unies et le Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement.

Entrée en mars 2026 dans une nouvelle phase de sa collaboration avec le Fonds, à la suite du renouvellement de son éligibilité pour le cycle 2025-2029, la RDC a indiqué que trois priorités stratégiques nationales ont été conjointement validées avec le Coordonnateur résident. Il s’agit du renforcement de la gouvernance et de la coordination des efforts de paix, de la promotion de la résilience face aux causes profondes des conflits liées à la gestion des ressources naturelles, minières et foncières, ainsi que de la protection des civils dans le contexte de la transition liée au retrait progressif, responsable et durable de la MONUSCO.

La RDC a souligné que ces priorités s’inscrivent en cohérence avec la mise en place, en janvier 2026, du nouveau Bureau de consolidation de la paix et d’appui à la paix, conçu comme un centre d’excellence pour la prévention et la consolidation de la paix. Elle a salué cette évolution structurelle, qui renforce la cohérence de l’action des Nations Unies, notamment dans les domaines du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration, ainsi que de la réforme du secteur de la sécurité.

S’agissant des résultats concrets, la RDC a notamment mis en exergue l’appui apporté au Programme national de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS), déployé depuis 2021 dans cinq provinces de l’Est et du centre-est du pays. Ce programme, structuré autour de cinq piliers, a déjà permis d’accompagner plus de 8 000 bénéficiaires en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations, grâce au Fonds de cohérence pour la stabilisation.

La délégation congolaise a également salué l’approbation, en 2025, de trois nouveaux projets soutenus par le Fonds de consolidation de la paix, en partenariat respectivement avec l’OIM, l’UNFPA et le PNUD, pour appuyer le désarmement, le rapatriement et la démobilisation dans la région des Grands Lacs, renforcer la protection non armée des civils au Sud-Kivu et améliorer la coordination ainsi que le suivi du Fonds en RDC.

Par ailleurs, la RDC a rappelé que le soutien à la transition et au retrait progressif, responsable et durable de la MONUSCO constitue un second résultat majeur de cette coopération. À cet égard, elle a souligné que les investissements stratégiques du Fonds ont accompagné le désengagement de la Mission onusienne de plusieurs provinces, tout en réaffirmant la volonté souveraine du Gouvernement de poursuivre la prise en charge nationale des questions de sécurité, sur la base d’évaluations conjointes et selon l’évolution des conditions sur le terrain.

La délégation a toutefois relevé que la protection effective des civils dans les provinces en transition demeure un défi majeur, appelant à un renforcement des capacités nationales et à une coordination accrue avec la communauté internationale.

Enfin, la RDC a salué les efforts de la Commission de consolidation de la paix dans son accompagnement du processus de transition de la MONUSCO, ainsi que les dynamiques de cohérence engagées avec les institutions financières internationales. Elle a également rappelé l’importance des Accords de Washington du 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, en tant qu’instrument visant à consolider la paix dans l’Est de la RDC et à promouvoir le développement ainsi que l’intégration économique dans la région des Grands Lacs.