New York, le 26 juin 2026 — La République démocratique du Congo a pris part, ce vendredi, à la 10185e séance du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC.
S’exprimant au nom de la RDC, S.E. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent auprès des Nations Unies, a d’abord réitéré le plein soutien de son pays à la déclaration prononcée par le Libéria au nom des A3, avant de présenter les observations nationales de la RDC.
La RDC a rappelé que les offensives de l’AFC/M23 se poursuivent dans l’Est du pays avec le soutien de la Force de défense rwandaise, en violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaises. Elle a dénoncé l’occupation de localités congolaises, l’établissement d’administrations parallèles, les violences contre les civils, les déplacements massifs de populations et les violations graves des droits humains.
Dans ce contexte, la RDC a appelé à la mise en œuvre immédiate, intégrale et sans concession de la résolution 2773 (2025), notamment en ce qu’elle exige le retrait sans conditions de la Force de défense rwandaise du territoire congolais et la cessation immédiate des hostilités par le M23.
La RDC a également souligné le rôle central de la MONUSCO dans le contexte sécuritaire actuel. Elle a insisté sur la nécessité de garantir la pleine liberté de mouvement de la Mission, la levée de toutes les restrictions dans les zones sous contrôle du M23 et la mise à disposition de ressources adéquates pour lui permettre de remplir pleinement son mandat.
Abordant les processus politiques en cours, la RDC a réaffirmé son engagement dans les processus de Washington et de Doha, ainsi que dans les initiatives régionales et internationales visant à parvenir à une paix durable. Elle a salué les efforts de médiation de l’Union africaine, du médiateur togolais, des États-Unis, du Qatar et des organisations régionales.
La RDC a en outre rappelé que le pillage des ressources naturelles dans l’Est du pays constitue l’un des moteurs de la guerre. Elle a salué les sanctions prises contre des réseaux impliqués dans la contrebande et le commerce illicite de minerais pillés, estimant que ces mesures doivent être soutenues et renforcées pour lutter contre l’impunité et assécher les sources de financement des groupes armés.
Sur le plan judiciaire, la RDC a informé le Conseil de sécurité du dépôt, le même jour, d’une requête introductive d’instance devant la Cour internationale de Justice contre la République du Rwanda, afin de faire constater sa responsabilité internationale pour plusieurs violations du droit international, notamment au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
En conclusion, la RDC a réaffirmé son droit légitime à restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire. Elle a souligné qu’aucune solution durable ne pourra être envisagée sans respect strict de son intégrité territoriale, sans démantèlement complet des administrations parallèles et sans rétablissement effectif de l’autorité de l’État.
« Le moment n’est plus aux déclarations d’intention, il est à l’action », a déclaré la RDC devant le Conseil de sécurité.