Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo à la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le VIH/sida de 2026, prononcée le 22 juin 2026 à New York par S.E. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies.
Dans cette déclaration, la RDC réaffirme son engagement à contribuer aux efforts visant à mettre fin au sida comme menace pour la santé publique d’ici à 2030. Elle appelle à une solidarité internationale renforcée, à des financements prévisibles, au transfert de technologie et à un accès équitable aux médicaments, aux outils de prévention et aux innovations.
La RDC souligne également l’impact des crises humanitaires et de l’insécurité, particulièrement dans l’Est du pays, sur la continuité des services de santé et la protection des populations vulnérables. Elle plaide pour une riposte au VIH intégrée au renforcement des systèmes de santé, adaptée aux réalités locales et portée par les communautés.
Madame la Présidente,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Ma délégation s’aligne sur la déclaration faite plus tôt par le Malawi, au nom du Groupe des États d’Afrique, et souhaite y ajouter quelques observations à titre national.
À cet égard, la RDC partage les préoccupations du Groupe africain face à un projet de Déclaration politique qui risque d’affaiblir l’élan collectif contre le sida, notamment en réduisant le soutien aux pays en développement, en fragilisant le principe de responsabilité partagée et en demeurant insuffisant quant au financement prévisible, au transfert de technologie et à l’accès équitable aux médicaments, aux vaccins et aux outils de prévention.
Madame la Présidente,
Dans ce contexte, la République démocratique du Congo se félicite de cette réunion de haut niveau consacrée à l’examen des progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements visant à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030. Elle accueille favorablement le rapport du Secrétaire général, qui rappelle que les avancées sont réelles, mais demeurent insuffisantes.
Les progrès réalisés, notamment l’élargissement de l’accès au traitement antirétroviral et le renforcement de la prévention, démontrent que la riposte peut produire des résultats lorsque la volonté politique, les ressources et l’action communautaire sont réunies.
Toutefois, en RDC, les nouvelles infections, les difficultés d’accès aux services, les ruptures d’approvisionnement, la stigmatisation, les inégalités et les crises humanitaires continuent de fragiliser les acquis, en particulier dans les zones touchées par l’insécurité.
Les violences cycliques dans l’Est du pays aggravent cette situation : déplacements de populations, affaiblissement des structures de santé, interruption des services et violences sexuelles exposent davantage les femmes, les filles, les personnes déplacées et les communautés vulnérables.
Face à cette réalité, la RDC réaffirme sa détermination à renforcer la prévention, le dépistage, le traitement, les soins et le soutien aux personnes vivant avec le VIH, tout en saluant le rôle essentiel des communautés, des professionnels de santé, de la société civile et des partenaires.
Notre expérience nationale souligne trois priorités : intégrer la riposte au VIH dans le renforcement du système de santé, adapter les interventions aux réalités locales, notamment dans les zones de conflit, et placer les communautés au cœur de l’action publique.
La RDC appelle à un partenariat international renouvelé, fondé sur la solidarité, la responsabilité partagée et des financements prévisibles. Les pays les plus touchés ne sauraient porter seuls le poids de cette riposte ; l’appui international doit soutenir les priorités nationales et garantir un accès équitable aux médicaments, aux outils de prévention et aux innovations.
Madame la Présidente,
Mettre fin au sida d’ici à 2030 demeure possible si nous agissons sans délai, préservons les acquis et comblons les lacunes persistantes. Pour la RDC, chaque personne qui accède au dépistage, au traitement et à la prévention incarne une victoire pour la santé publique et la dignité humaine.
La République démocratique du Congo demeure prête à œuvrer avec tous les États Membres, le système des Nations Unies, les partenaires internationaux, la société civile et les communautés, afin que cette promesse devienne une réalité pour toutes et tous, sans exclusion ni discrimination.
Que cette réunion marque un engagement renouvelé en faveur d’une solidarité renforcée, d’une action plus courageuse et d’une riposte équitable. Pour la RDC, mettre fin au sida est aussi une exigence de justice, de paix, de dignité et d’humanité.
Je vous remercie.