À l’occasion de la 10215e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation au Moyen-Orient, tenue le 27 août 2026 à New York, la République démocratique du Congo, le Libéria et la Somalie (A3) ont réaffirmé leur engagement sans faille en faveur de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Syrie.
Dans leur déclaration commune, les A3 ont reconnu les progrès accomplis par la Syrie tout en appelant à consolider un processus politique inclusif et dirigé par les Syriens, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité.
Ils ont également insisté sur la nécessité d’accroître l’aide humanitaire, de soutenir le relèvement économique et la reconstruction, de renforcer les opérations de déminage et de créer les conditions nécessaires au retour sûr et durable des personnes déplacées et des réfugiés.
Face aux tensions sécuritaires persistantes, les A3 ont appelé au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie, condamné le terrorisme et plaidé pour une coopération internationale renforcée afin de prévenir toute résurgence de l’extrémisme violent.
En conclusion, la RDC, le Libéria et la Somalie ont exhorté le Conseil de sécurité et la communauté internationale à continuer d’accompagner la Syrie sur la voie d’une paix pérenne, de la réconciliation et de la prospérité, afin que tous les Syriens puissent reconstruire leur pays et façonner leur avenir dans la paix et la dignité.
La déclaration a été prononcée au nom des A3 par S.E. M. Mohamed Rabi A. Yusuf, Ambassadeur et Représentant permanent adjoint de la Somalie auprès des Nations Unies.
Nous publions ci-dessous l’intégralité de cette déclaration.
Madame la Présidente,
J’ai l’honneur de prononcer cette déclaration au nom des trois à savoir la République démocratique du Congo, le Libéria et mon propre pays, la Somalie. Nous remercions l’envoyé spécial adjoint Cordone et le sous-Secrétaire Général Ratwatte de leurs exposés circonstanciés. Nous avons écouté avec intérêt les remarques de Madame Roukbi et nous saluons la participation du représentant permanent de la Syrie à la présente séance. Les A3 reconnaissent que la Syrie avance grandement sur la voie du développement politique, économique et sécuritaire, alors qu’elle se heurte encore à de grandes difficultés.
Les avancées récentes ouvrent de nouvelles perspectives à la stabilité nationale, mais la crédibilité dépend d’une participation inclusive, de la représentation des femmes et de toutes les communautés, de la reddition de comptes et d’institutions indépendantes et transparentes.
Surmonter les difficultés actuelles nécessitera un soutien uni de la communauté internationale pour aider la Syrie à s’acheminer vers un avenir plus prospère et radieux. Les contacts diplomatiques de haut niveau entre les Nations Unies et les autorités de transition, notamment lors de la visite du Secrétaire Général Guterres à Damas, ainsi que ses contacts avec les autorités syriennes, démontrent ces progrès. Nous réitérons notre ferme appui en faveur du travail crucial du bureau de l’envoyé spécial.
Nous redisons que la résolution 2254 demeure le cadre primordial d’un règlement politique piloté et maîtrisé par les Syriens. J’en viens à présent à la situation humanitaire. Nous demeurons vivement préoccupés. Des millions de Syriens dépendent toujours d’une aide vitale, alors que le plan humanitaire de 2026 est sous-financé.
Seul un tiers des ressources nécessaires ont été recueillies. Plus de 2 millions de personnes déplacées et près de 1,8 million de réfugiés seraient rentrés chez eux, mais des millions de personnes restent déplacées en Syrie ou en tant que réfugiés à l’étranger.
Des retours durables nécessitent la sécurité, des logements adéquats, des écoles et des centres de santé qui fonctionnent bien, des moyens de subsistance, des services de protection, des services publics. Le secours humanitaire, le relèvement rapide et la reconstruction doivent donc être concomitants.
Nous sommes encouragés par un accès humanitaire amélioré presque partout en Syrie, avec quelque 2,4 millions de personnes atteintes lors de la première moitié de l’année 2026.
Mais il reste des difficultés d’accès, notamment dans le sud et dans certains pans du nord-est du pays.
Nous exhortons dès lors les bailleurs de fonds internationaux à fournir plus de fonds prévisibles et souples afin de combler les déficits et de garantir la continuité des services essentiels. Les restes explosifs demeurent une grande entrave à des retours en toute sécurité, aux moyens de subsistance, au relèvement.
Depuis la dernière réunion du Conseil, il y a eu 53 incidents de restes explosifs avec 20 victimes, surtout dans les zones de pâturage et les zones agricoles. Les A3 appellent à un soutien international accru en faveur du déminage, de l’éducation au risque, de l’aide aux victimes, essentielle à la protection des civils, à la sécurité alimentaire et au retour durable. Nous reconnaissons également le lien vital unissant relèvement économique et stabilité durable.
Nous nous félicitons des mesures prises récemment pour favoriser la réinsertion de la Syrie dans le système économique et commercial mondial, notamment la levée de certaines désignations, la levée des sanctions et le retrait de la Syrie de la liste des États parrainant le terrorisme, ce qui ouvre la voie à des investissements étrangers et des opérations bancaires.
Alors que les citoyens ordinaires continuent de pâtir de l’inflation et des contraintes de liquidité, nous soulignons que la stabilisation économique, les investissements dans les services publics et les infrastructures de base sont indispensables à un relèvement à long terme.
Nous demeurons alarmés par les violations persistantes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie. Nous déplorons les frappes militaires récentes et les incursions en territoire syrien, notamment les frappes aériennes des 18 et 19 août dans l’est d’Idlib. La Syrie ne devrait à nouveau devenir un théâtre de confrontation.
De surcroît, les tensions le long du plateau du Golan et du mont Hermon dans la zone tampon menacent de miner les efforts de relèvement de la Syrie et la stabilité régionale. Les A3 estiment que le Golan syrien occupé fait partie intégrante de la Syrie. Dans le droit fil de la résolution 497 du Conseil de sécurité, nous appelons au plein respect de la souveraineté de la Syrie, au strict respect de l’accord de dégagement de 1974 et à l’appui aux efforts de médiation pour éviter des tensions à la frontière.
Le terrorisme et l’insécurité interne continuent de représenter une grave menace à la Syrie et à la région.
Nous condamnons sans ambages l’attaque terroriste contre les forces de sécurité syriennes le 23 août, alors que les autorités de transition s’emploient à des opérations de stabilisation pour neutraliser des réseaux extrémistes violents, notamment EIIL et Daesh dans la zone centrale et d’autres zones instables du pays. Nous soulignons qu’une coopération internationale robuste, la coordination, le renforcement des capacités sont essentiels afin de prévenir la résurgence du terrorisme en Syrie et au-delà.
En guise de conclusion, Madame la Présidente, les A3 réitèrent leur engagement sans faille en faveur de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Syrie.
Nous exhortons le Conseil de sécurité et la communauté internationale à ne pas cesser d’aider la Syrie sur la voie d’une paix pérenne, de la réconciliation, de la prospérité afin que tous les Syriens puissent reconstruire leur pays et façonner leur avenir marqué par la paix et la dignité.
Merci.