Lors de la 10214e séance du Conseil de sécurité, tenue le 25 août 2026 et consacrée au Moyen-Orient et à la question palestinienne, la République démocratique du Congo a appelé à préserver les acquis diplomatiques, à consolider le cessez-le-feu à Gaza et à maintenir ouverte la perspective d’un règlement politique durable.

Dans sa déclaration prononcée par S.E.M. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, la RDC a réaffirmé son soutien aux résolutions 2803 (2025) et 2334 (2016), plaidé pour un accès humanitaire continu, sûr, rapide et sans entrave à Gaza, condamné les violences contre les populations civiles et appelé à la retenue et à la désescalade en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et plus largement dans la région.

La RDC a également réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance du Liban, avant d’appeler l’ensemble des parties à préserver l’espace ouvert par la diplomatie et à poursuivre les efforts en faveur d’une solution politique durable et de la paix dans la région.

L’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo est publiée dans les lignes ci-dessous.

Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo remercie Monsieur Ramiz Alakbarov, Coordonnateur spécial par intérim pour le processus de paix au Moyen-Orient, Monsieur Nickolay Mladenov, Haut Représentant pour Gaza, ainsi que Madame Athena Rayburn, Directrice exécutive de l’Association of International Development Agencies, pour leurs exposés.

Madame la Présidente,

Depuis notre dernière réunion sur cette question, les développements à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, et plus largement dans la région continuent de retenir toute notre attention. Ils interviennent alors que les efforts diplomatiques engagés au cours des derniers mois cherchent encore à consolider les acquis obtenus et à préserver une perspective politique durable.

À Gaza, la République démocratique du Congo réaffirme son plein soutien à la résolution 2803 (2025) et au Plan global qu’elle endosse. Nous saluons les efforts déployés par le Haut Représentant pour Gaza, les médiateurs et les partenaires engagés dans sa mise en œuvre, et les encourageons à les poursuivre afin que les divergences actuelles puissent être progressivement résorbées.

La dynamique créée par l’adoption de cette résolution doit désormais pouvoir se traduire par de nouvelles avancées. Plusieurs questions importantes demeurent en suspens et les progrès enregistrés restent encore limités. À mesure que le temps passe, il importe de préserver l’élan créé autour du Plan et de maintenir les conditions permettant la recherche des compromis nécessaires à sa mise en œuvre.

Dans ce contexte, la République démocratique du Congo encourage les parties à poursuivre leurs échanges et appelle à une mobilisation renouvelée pour la préservation et la consolidation des acquis obtenus au prix d’efforts considérables dans l’intérêt des populations de Gaza et celles d’Israël ainsi que, sur une portée plus largement, l’intérêt des peuples palestiniens et israéliens, appelés à vivre dans la paix et la sécurité.

Dans le même esprit, nous rappelons la nécessité de préserver le cessez-le-feu. Malgré sa fragilité, celui-ci reste essentiel à la poursuite des efforts diplomatiques et à la continuité de l’assistance humanitaire en faveur des populations de Gaza. La République Démocratique du Congo exhorte toutes les parties à œuvrer à sa consolidation.

Madame la Présidente,

La situation humanitaire à Gaza demeure parallèlement préoccupante. Malgré l’amélioration de l’acheminement de l’aide depuis l’instauration du cessez-le-feu, les besoins restent considérables. En termes d’accès, seuls quelques points de passage fonctionnent de manière limitée pour acheminer de l’aide. Par conséquent, une partie importante de la population continue de faire face à des difficultés d’accès à l’alimentation, aux soins, à l’eau et aux autres services essentiels.

La République démocratique du Congo souligne l’importance d’un accès humanitaire continu, sûr, rapide et sans entrave, conformément au droit international humanitaire. La régularité et la prévisibilité de cet accès demeurent indispensables pour permettre aux acteurs humanitaires de maintenir leurs opérations et de répondre aux besoins des populations dans la durée.

La situation humanitaire ne saurait, par ailleurs, être dissociée de l’environnement politique et sécuritaire dans lequel l’assistance est apportée. À cet égard, le respect du principe de redevabilité par l’ensemble des parties constitue un préalable essentiel à la conduite sûre, ordonnée et efficace des opérations humanitaires. La consolidation des avancées recherchées dans le cadre de la résolution 2803 doit aussi permettre, tel qu’évoqué, de préserver les conditions nécessaires à une réponse humanitaire durable et effective. Les progrès accomplis doivent pouvoir trouver une traduction concrète dans la situation des populations civiles.

Madame la Présidente,

S’agissant de la Cisjordanie, et de Jérusalem-Est, la République Démocratique du Congo réitère son plein soutien à la résolution 2334 (2016) et rappelle l’importance du respect de ses dispositions. Ma délégation réaffirme également son soutien aux efforts déployés par les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires, qui poursuivent leur mission dans un environnement opérationnel particulièrement complexe.

Nous suivons avec préoccupation la poursuite des violences ainsi que les autres évolutions susceptibles de modifier durablement les réalités sur le terrain. La persistance de ces tendances intervient à un moment où les efforts diplomatiques engagés dans la région nécessitent, au contraire, que soient préservées les conditions d’une perspective politique durable.

La République démocratique du Congo réitère sa ferme condamnation de toute forme de violence visant les populations civiles, palestiniennes comme israéliennes, ainsi que des attaques et des actes de terrorisme. Ma délégation déplore les conséquences qui en résultent, lesquelles contribuent à fragiliser davantage la situation, et appelle toutes les parties, face à la persistance des tensions, à faire preuve de retenue et à privilégier la désescalade.

Ces développements ne peuvent être considérés indépendamment des efforts actuellement déployés à Gaza. Alors que la résolution 2803 a permis d’engager une dynamique qu’il importe aujourd’hui de préserver et de faire progresser, les évolutions en Cisjordanie sont susceptibles d’en compliquer l’environnement politique.

C’est pourquoi notre délégation estime essentiel que les efforts entrepris dans le cadre de la résolution 2803 puissent se poursuivre, tout en veillant à ce que les développements sur le terrain ne viennent pas compromettre les perspectives plus larges d’un règlement politique.

Madame la Présidente,

À cette situation déjà fragile s’ajoute la persistance des tensions dans la région. La République démocratique du Congo suit avec préoccupation les récents développements au Liban et appelle au calme et à la retenue de toutes les parties.

Dans le contexte actuel, il importe que ces tensions ne viennent pas entraver la dynamique diplomatique en cours ni ouvrir la voie à une nouvelle détérioration de la situation régionale. La République démocratique du Congo réaffirme, à cet égard, son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance du Liban ainsi qu’au respect des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Madame la Présidente,

Dans ce contexte, la République démocratique du Congo en appelle à la responsabilité de l’ensemble des parties et de tous ceux qui sont en mesure de contribuer à la recherche d’une issue politique.

Les cadres existent et des efforts considérables ont été consentis pour rapprocher les positions. L’enjeu est désormais de permettre aux efforts engagés de produire de nouvelles avancées, tout en évitant que les évolutions sur le terrain ne réduisent progressivement l’espace ouvert par la diplomatie.

Notre soutien aux résolutions 2803 et 2334 procède de cette même conviction : préserver les acquis obtenus, favoriser la poursuite des efforts en cours et maintenir ouverte la perspective d’un règlement politique durable.

Une telle dynamique aura un impact réel sur le terrain, non seulement pour décourager des actions qui continuent d’alimenter les craintes d’une reprise totale des hostilités, mais également pour veiller à ce que soit écarté, au point de vue humanitaire, le risque permanent d’une rechute vers la famine, à Gaza et en Cisjordanie.

Enfin, et c’est par là que je termine, la République Démocratique du Congo réaffirme sa disponibilité à œuvrer aux côtés des membres de ce Conseil et de l’ensemble des partenaires concernés, en faveur de la poursuite des efforts diplomatiques et du rapprochement des positions, dans l’intérêt des populations de la région et de la paix.

Je vous remercie.