Lors de la 10212e séance du Conseil de sécurité, tenue le 24 août 2026 et consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, la République démocratique du Congo a réaffirmé son attachement à la Charte des Nations Unies, au droit international, au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États ainsi qu’au règlement pacifique des différends.
Dans sa déclaration prononcée par S.E. M. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, la délégation congolaise a estimé que la poursuite de l’escalade militaire ne saurait conduire à une solution durable du conflit en Ukraine. Elle a condamné les attaques contre les civils et les infrastructures essentielles, appelé au strict respect du droit international humanitaire et attiré l’attention sur les risques liés aux installations nucléaires ainsi que sur les conséquences des hostilités en mer Noire pour les chaînes d’approvisionnement et la sécurité économique et alimentaire, notamment en Afrique.
La RDC a surtout renouvelé son appel à un cessez-le-feu immédiat, à la désescalade et à un processus politique associant directement les parties. Elle a conclu que la seule issue viable réside dans une solution politique négociée, conforme à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, afin de passer de la logique de l’affrontement à celle du règlement et de l’escalade à celle du dialogue.
Nous publions ci-dessous l’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo.
Monsieur le Président,
La République démocratiques du Congo remercie le Danemark d’avoir bien voulu convoquer cette séance et souhaite la bienvenue au Conseil de sécurité, à Son Excellence Monsieur Lars Løkke Rasmussen, Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Danemark. Nous saluons également sa présence et sa participation à nos travaux.
Ma délégation remercie enfin la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, ainsi que le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, M. Tom Fletcher, pour leurs exposés informatifs.
Monsieur le Président,
Devant une situation sécuritaire et humanitaire aussi préoccupante que celle de l’Ukraine, la République Démocratique du Congo n’a d’autres alternatives que de réaffirmer la primauté du droit international et son attachement aux sacrosaints principes de la Charte des Nations Unies. Il s’agit notamment du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, du non recours a la force ainsi que du règlement pacifique des différends. Notre conviction demeure que la paix ne peut être durablement construite par la seule logique des armes qui, dans le cas de la situation appelée à l’étude de ce Conseil, démontre clairement ses limites.
Monsieur le Président,
Devant une situation sécuritaire et humanitaire aussi préoccupante que celle de l’Ukraine, la République démocratique du Congo n’a d’autres alternatives que de réaffirmer la primauté du droit international et son attachement aux sacrosaints principes de la Charte des Nations Unies. Il s’agit notamment du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, du non recours a la force ainsi que du règlement pacifique des différends. Notre conviction demeure que la paix ne peut être durablement construite par la seule logique des armes qui, dans le cas de la situation appelée à l’étude de ce Conseil, démontre clairement ses limites.
Après plus de quatre années de guerre, la situation en Ukraine nous amène précisément à poser un constat avec lucidité : l’intensification des opérations militaires n’a pas rapproché les parties d’une issue au conflit. En effet, la multiplication des offensives et contre-offensives, le recours croissant à des moyens militaires toujours plus importants et sophistiqués n’ont permis l’instauration d’un rapport de force déterminant, encore moins l’atteinte par les parties en conflit de leurs objectifs. Au contraire, chaque nouvelle escalade a appelé une réponse et chaque réponse nourrit une nouvelle escalade avec en prime l’augmentation de son coût humain et matériel.
Pour la République démocratique du Congo, cette dynamique suffit à démontrer qu’il ne pourrait y avoir de solution militaire à ce conflit et que la prolongation des hostilités éloigne davantage les perspectives d’un règlement politique pourtant crucial au vu de l’impasse.
Monsieur le Président,
La première conséquence de cette impasse demeure le coût humain qui ne cesse de croître de manière exponentielle. A cet égard, la République démocratique du Congo condamne toutes les attaques dirigées contre les civils et les infrastructures essentielles, quelle qu’en soit l’origine. Nous appelons toutes les parties à respecter strictement leurs obligations au titre du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
Ma délégation rappelle que les populations civiles ne peuvent et ne doivent en aucun cas devenir les instruments d’une stratégie militaire ni les victimes d’une confrontation appelée à se prolonger indéfiniment. Nous rappelons également que derrière chaque chiffre se trouve une vie humaine, une famille, mais également des survivants, des générations d’hommes et de femmes dont l’existence restera durablement marquée par les conséquences de cette guerre.
C’est dans cette même logique de protection que nous considérons avec une particulière gravité les risques que les hostilités font peser sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. La poursuite de la confrontation ne saurait conduire à banaliser des risques dont les conséquences humaines et environnementales pourraient être irréversibles et dépasser très largement les frontières des Etats parties au conflit. Aucun objectif militaire ne saurait justifier d’exposer des populations entières à la perspective d’un incident nucléaire.
Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo souhaite également attirer l’attention sur les conséquences particulièrement préoccupantes des hostilités en mer Noire.
Les attaques contre les infrastructures portuaires, les installations liées aux exportations agricoles et la navigation commerciale font peser des risques qui dépassent largement le théâtre de cette guerre. Pour l’Afrique, cette question n’est ni périphérique ni abstraite, de nombreux pays de notre continent demeurant fortement tributaires des importations de céréales et des chaînes d’approvisionnement provenant de cette région du monde. Dans une économie mondiale profondément interconnectée, toute perturbation affectant ces plateformes vitales produit des conséquences qui dépassent rapidement le champ immédiat des hostilités. Pour les économies africaines, particulièrement exposées aux fluctuations des prix des denrées alimentaires et de leur transport ; leur préservation constitue donc un enjeu direct de stabilité économique et sociale. Ma délégation appelle, en conséquence, toutes les parties à préserver ces infrastructures indispensables au commerce et aux exportations agricoles mondiales.
Monsieur le Président,
La question qui se pose desormais a la communauté internationale n’est plus de savoir combien de temps les parties peuvent encore poursuivre les hostilités, mais plutot, comment elles peuvent créer les conditions d’en sortir. Face à cette situation, l’urgence n’est plus simplement de contenir les conséquences de la guerre ; elle est, pour ce Conseil, de contribuer à créer les conditions qui permettront d’y mettre fin.
Dans ce contexte, la diplomatie doit retrouver toute sa place et permettre de saisir les ouvertures qui subsistent, de rétablir progressivement les échanges entre les parties et, enfin de créer l’espace nécessaire à la recherche d’un règlement politique. C’est dans cet esprit que la République démocratique du Congo appelle, une nouvelle fois, à un cessez-le-feu immédiat et à l’engagement résolu d’un processus politique associant directement les parties. Ma délégation encourage, à cet égard, toute initiative crédible susceptible de favoriser la désescalade, de rapprocher les parties et de rouvrir la voie à des discussions substantielles.
Monsieur le Président,
Pour conclure, après plusieurs années de confrontation, il devient nécessaire de rompre avec une dynamique dans laquelle chaque escalade prépare la suivante, sans rapprocher les parties d’une solution durable.
La République démocratique du Congo demeure convaincue que la seule issue viable réside dans une solution politique négociée, conforme à la Charte des Nations Unies et respectueuse des principes du droit international. Il appartient désormais aux parties, avec l’appui de ce Conseil et de la communauté internationale, de créer les conditions permettant de passer de la logique de l’affrontement à celle du règlement, de la logique de l’escalade à celle du dialogue, et de la prolongation de la guerre à la recherche effective de la paix.
Je vous remercie.