Lors de la 10182e séance du Conseil de sécurité, tenue le mercredi 24 juin 2026, la République démocratique du Congo est intervenue au débat public consacré aux enfants et aux conflits armés, sous le thème : « Renforcer la prévention et la protection de l’éducation des enfants touchés par les conflits armés : des engagements normatifs à leur mise en œuvre effective »

Dans sa déclaration, prononcée par S.E.Mme. Jocelyne Kabengele Lukundula, Ambassadeur et Représentante permanente adjointe de la RDC auprès des Nations Unies, la RDC a condamné les violations graves commises contre les enfants, en particulier les attaques contre les écoles et les hôpitaux, et a réaffirmé que les établissements scolaires doivent demeurer des espaces sûrs, protégés de toute utilisation militaire.

La RDC a également rappelé ses efforts nationaux pour prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants, lutter contre les violences sexuelles, renforcer les mécanismes de protection et soutenir la réinsertion des enfants affectés par les conflits armés.

Elle a appelé à un soutien accru aux services de protection de l’enfance, à un accès humanitaire sûr et sans entrave, à un financement durable des programmes de réinsertion, ainsi qu’à la responsabilisation des auteurs de violations graves contre les enfants.

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo.

Madame la Présidente,

La République démocratique du Congo remercie la République de Colombie pour l’organisation de ce débat et exprime sa gratitude à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Madame Vanessa Frazier, à la Directrice générale de l’UNICEF, Madame Catherine Russell, ainsi qu’à la représentante de la société civile pour leurs interventions.

Alors que nous commémorons les trente ans du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés, la RDC demeure profondément préoccupée par l’augmentation des violations graves commises contre les enfants, en particulier les attaques contre les écoles et les hôpitaux. L’utilisation d’armes explosives dans les zones peuplées continue d’entraîner des conséquences dévastatrices sur les enfants et de compromettre leur accès à l’éducation.

Nous condamnons fermement toutes les attaques contre les infrastructures éducatives et rappelons que les écoles doivent rester des espaces sûrs, protégés de toute utilisation militaire.

La RDC réaffirme son attachement aux Conventions de Genève de 1949 et à leurs Protocoles additionnels de 1977, au droit international humanitaire, au droit international des droits de l’homme, aux droits de l’enfant ainsi qu’aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2601 (2021), ainsi qu’à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, aux Principes et Engagements de Paris et aux Principes de Vancouver.

Madame la Présidente,

La protection des enfants constitue une priorité nationale. La RDC poursuit ses efforts pour prévenir et combattre les six violations graves identifiées par les Nations Unies : le recrutement et l’utilisation d’enfants, les violences sexuelles, les meurtres et mutilations, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux ainsi que le refus d’accès humanitaire.

Dans le cadre de la résolution 1612 (2005), notre pays collabore étroitement avec les Nations Unies à travers le Groupe de travail technique conjoint sur les enfants et les conflits armés. La mise en œuvre de la feuille de route signée en 2012 pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants a permis des avancées importantes, notamment la radiation de la RDC de la liste des pays dont les forces armées recrutent et utilisent des enfants.

La RDC a également renforcé son cadre juridique en criminalisant le recrutement et l’utilisation d’enfants. Avec l’appui de l’UNICEF et de ses partenaires, elle met en œuvre des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion afin de favoriser la réintégration durable des enfants affectés par les conflits armés.

Toutefois, la stigmatisation des enfants démobilisés ainsi que l’insuffisance des ressources demeurent des défis majeurs.

L’expérience acquise dans la mise en œuvre des Principes de Paris et des Principes de Vancouver souligne l’importance de la formation des forces de défense et de sécurité, de l’implication des communautés locales et du renforcement des partenariats internationaux. Dans les provinces les plus touchées par les conflits, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, des initiatives communautaires contribuent à prévenir les enlèvements, les violences sexuelles et le recrutement des enfants.Malgré les progrès réalisés, la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays continue de limiter l’accès humanitaire et la mise en œuvre effective des mécanismes de protection. À cet égard, la RDC souligne que le retrait progressif de la MONUSCO ne doit pas entraîner une diminution des capacités de protection de l’enfance.

Nous appelons à un soutien accru aux services de protection de l’enfance, à un accès humanitaire sûr et sans entrave ainsi qu’à un financement durable des programmes de réinsertion.Madame la Présidente,

La RDC réaffirme son attachement à un programme « Enfants et conflits armés » fondé sur la responsabilité, la cohérence et le respect du droit international. Nous soutenons l’établissement de listes objectives et crédibles des auteurs de violations graves, fondées sur les informations vérifiées du Mécanisme de surveillance et de communication de l’information, ainsi que la conclusion et la mise en œuvre de plans d’action visant à mettre fin à ces violations.

Nous insistons également sur la nécessité de poursuivre rapidement et de manière impartiale les auteurs de crimes graves commis contre les enfants, y compris les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. La participation sûre et significative des enfants aux décisions qui les concernent doit également être encouragée.

La RDC appelle au renforcement des mécanismes de surveillance, de notification et de réponse, ainsi qu’à la mise en œuvre effective des Principes et Engagements de Paris, des Principes de Vancouver, de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et de la Déclaration relative aux armes explosives dans les zones peuplées. Elle souligne également la nécessité de garantir un accès inclusif à l’éducation pour tous les enfants touchés par les conflits, en particulier les filles, les enfants réfugiés, déplacés internes et les enfants vivant avec un handicap.

En conclusion, la République démocratique du Congo réaffirme que la protection des enfants dans les conflits armés constitue à la fois une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle à la construction d’une paix durable.

Nous appelons le Conseil de sécurité et l’ensemble des États Membres à renforcer la mise en œuvre des engagements existants, à investir davantage dans la protection de l’enfance et à garantir que les auteurs de violations graves répondent de leurs actes.

Je vous remercie.