New York, 24 juin 2026 — La République démocratique du Congo a pris part, ce mercredi 24 juin 2026, à la 10182e séance du Conseil de sécurité, consacrée au débat public sur les enfants et les conflits armés, sous le thème : « Renforcer la prévention et la protection de l’éducation des enfants touchés par les conflits armés : des engagements normatifs à leur mise en œuvre effective ».
La déclaration de la RDC a été prononcée par S.E.Mme. Jocelyne Kabengele Lukundula, Ambassadeur et Représentante permanente adjointe de la RDC auprès des Nations Unies.
D’entrée de jeu, la RDC a remercié la République de Colombie pour l’organisation de ce débat et exprimé sa gratitude à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Madame Vanessa Frazier, à la Directrice générale de l’UNICEF, Madame Catherine Russell, ainsi qu’à la représentante de la société civile pour leurs interventions.
À l’occasion de la commémoration des trente ans du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés, la RDC a fait part de sa profonde préoccupation face à l’augmentation des violations graves commises contre les enfants, en particulier les attaques contre les écoles et les hôpitaux. Elle a également dénoncé les conséquences dévastatrices de l’utilisation d’armes explosives dans les zones peuplées, qui compromettent gravement l’accès des enfants à l’éducation.
La RDC a condamné fermement toutes les attaques contre les infrastructures éducatives, rappelant que les écoles doivent demeurer des espaces sûrs, protégés de toute utilisation militaire. Elle a réaffirmé son attachement aux Conventions de Genève de 1949 et à leurs Protocoles additionnels de 1977, au droit international humanitaire, au droit international des droits de l’homme, aux droits de l’enfant, ainsi qu’aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2601 de 2021.
Au plan national, la RDC a souligné que la protection des enfants constitue une priorité. Elle a rappelé ses efforts pour prévenir et combattre les six violations graves identifiées par les Nations Unies, notamment le recrutement et l’utilisation d’enfants, les violences sexuelles, les meurtres et mutilations, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, ainsi que le refus d’accès humanitaire.
La RDC a également rappelé sa collaboration avec les Nations Unies dans le cadre de la résolution 1612 de 2005, notamment à travers le Groupe de travail technique conjoint sur les enfants et les conflits armés. Elle a mis en avant les avancées enregistrées grâce à la mise en œuvre de la feuille de route signée en 2012 pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, laquelle a notamment permis la radiation de la RDC de la liste des pays dont les forces armées recrutent et utilisent des enfants.
Toutefois, la RDC a souligné que la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays continue de limiter l’accès humanitaire et l’effectivité des mécanismes de protection. Elle a appelé à veiller à ce que le retrait progressif de la MONUSCO n’entraîne pas une diminution des capacités de protection de l’enfance.
La RDC a enfin plaidé pour le renforcement des mécanismes de surveillance, de notification et de réponse, l’accès inclusif à l’éducation pour tous les enfants touchés par les conflits, ainsi que la poursuite rapide et impartiale des auteurs de crimes graves commis contre les enfants.
En conclusion, la RDC a réaffirmé que la protection des enfants dans les conflits armés constitue une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle à la construction d’une paix durable.