La République démocratique du Congo a pris part, le 28 mai 2026, à la 10160e séance du Conseil de sécurité consacrée au maintien de la paix et de la sécurité en Ukraine.
Dans sa déclaration, prononcée par S.E. Zénon Mukongo Ngay, Ambassadeur et Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, la RDC a exprimé sa vive préoccupation face à la poursuite de l’escalade militaire, aux pertes en vies humaines et à l’aggravation des souffrances des populations civiles.
La RDC a réaffirmé l’obligation de protéger les civils, d’assurer l’accès humanitaire aux populations affectées et de rechercher une issue politique fondée sur la retenue, la désescalade, le dialogue et le respect de la Charte des Nations Unies.
L’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo est publiée ci-dessous.
Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo vous remercie pour la convocation de la présente réunion consacrée au maintien de la paix et de la sécurité de l’Ukraine.
La République démocratique du Congo remercie le Secrétaire général, Son Excellence Monsieur António Guterres, ainsi que le Secrétaire général adjoint Mohamed Khaled Khiari, pour leurs exposés sur l’évolution de la situation en Ukraine, lesquels nous rappellent une fois de plus la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire ainsi que l’urgence d’une mobilisation responsable de ce Conseil en faveur de la protection des civils, de la désescalade et de la recherche d’une paix juste, durable et crédible.
Monsieur le Président,
La République démocratiques du Congo a pris note des informations faisant état des attaques qui ont touché plusieurs villes ukrainiennes, dont Kiev, dans la nuit du 23 au 24 mai derniers, et qui ont causé d’importants dommages ainsi que des pertes en vies humaines. Elle exprime sa profonde préoccupation face à la poursuite d’une escalade militaire qui semble désormais s’inscrire dans une logique de confrontation permanente et dont les populations civiles demeurent les premières victimes.
Le fait que le Conseil soit saisi une nouvelle fois sur la situation en Ukraine, après sa récente réunion du 22 mai, est non seulement la preuve de l’intensification des hostilités, mais également la conséquence de l’enlisement progressif d’un conflit dont les conséquences deviennent chaque jour plus diffuses, plus incontrôlables et plus dévastatrices. Cette situation est inacceptable.
La République démocratique du Congo est profondément préoccupée par cette spirale continue des frappes, des représailles et des contre-représailles qui s’apparente à la prévalence d’une logique de guerre au détriment de toute perspective de règlement politique. Cette logique, si elle s’enracine, va malheureusement éloigner les perspectives d’une paix durable.
Monsieur le Président,
Ma délégation estime que le Conseil de sécurité ne peut se limiter à constater la dégradation continue de la situation sans mesurer pleinement les responsabilités qui lui incombent au regard du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Chaque nouvelle escalade, chaque nouvelle vague de frappes et chaque nouvelle atteinte aux civils rappellent avec acuité l’urgence d’un sursaut collectif en faveur de la désescalade et du dialogue.
La République démocratique du Congo rappelle avec insistance que la protection des civils constitue une obligation fondamentale et intangible au regard du droit international humanitaire qui ne saurait être relativisée par des impératifs militaires. Aucune circonstance ne devrait conduire à l’exposition d’enfants, d’établissements scolaires, d’infrastructures civiles ou de personnels humanitaires à des attaques. C’est pourquoi, ma délégation insiste également sur la nécessité d’assurer un accès humanitaire rapide, sûr, durable et sans entraves aux populations affectées. Le personnel humanitaire, les professionnels de santé, les secouristes ainsi que les infrastructures d’urgence doivent continuer à bénéficier d’une protection effective.
Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo réaffirme avec constance qu’il ne saurait exister de solution durable à cette crise par la seule voie militaire.
Seuls un dialogue sincère, la retenue, la désescalade et un engagement résolu en faveur de la diplomatie peuvent ouvrir la voie à une paix crédible et durable. À cet égard, ma délégation exhorte toutes les parties à œuvrer activement à l’apaisement des tensions et soutient les initiatives diplomatiques et de médiation en cours, notamment celles entreprises par les États-Unis d’Amérique ainsi que par l’Union européenne.
Pour conclure, Monsieur le Président, l’histoire des relations internationales enseigne que les conflits les plus douloureux ne trouvent d’issue durable ni dans l’escalade ni dans l’accumulation des souffrances, mais dans la capacité des parties à recréer les conditions minimales de confiance permettant le retour du dialogue. Tant que les hostilités se poursuivent, les perspectives d’un règlement négocié demeurent fragilisées et les souffrances des populations continuent de s’aggraver.
Réaffirmant son attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, la République démocratique du Congo appelle de ce fait, toutes les parties à faire preuve de retenue, à respecter strictement leurs obligations internationales et à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver davantage la situation sur le terrain.
Je vous remercie.