New York, 20 mai 2026 — La République démocratique du Congo a pris part, ce mercredi, au débat ouvert du Conseil de sécurité consacré à « la protection des civils en temps de conflit », organisé sous la présidence de la République populaire de Chine.

La déclaration de la RDC a été prononcée par son Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay.

Dans son intervention, la RDC a remercié la Chine pour l’organisation de ce débat public, ainsi que les intervenantes, notamment Madame Edem Wosornu et Madame Mirjana Spoljaric, pour leurs exposés et pour l’engagement constant de leurs institutions respectives en faveur des populations affectées par les conflits armés.

La RDC a relevé que ce débat intervient dans un contexte international marqué par une dégradation préoccupante de la paix et de la sécurité internationales, caractérisée par la multiplication des théâtres de conflit, leur interconnexion croissante, la sophistication des hostilités et l’effacement progressif de la frontière entre espaces civils et militaires. Dans ces situations, les populations civiles demeurent les premières victimes des déplacements forcés, des violences indiscriminées, des destructions d’infrastructures essentielles et des restrictions imposées à l’action humanitaire.

La délégation congolaise a également souligné que l’érosion de la diplomatie au profit d’une logique de confrontation absolue aggrave la vulnérabilité des civils. Elle a rappelé que chaque escalade supplémentaire éloigne les perspectives d’un règlement pacifique et durable, tout en fragilisant l’architecture collective de paix et de sécurité.

Évoquant l’expérience de la République démocratique du Congo, confrontée depuis plusieurs décennies à des conflits persistants, la RDC a rappelé les violations graves du droit international humanitaire commises dans l’Est du pays, notamment les attaques contre les civils, les sites de déplacés et les infrastructures essentielles. Elle a souligné que l’expérience de la MONUSCO illustre à la fois l’importance et les limites des mécanismes internationaux de protection lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un renforcement durable des capacités nationales, d’un traitement des causes profondes des conflits et d’un engagement politique cohérent en faveur de la paix.

Pour la RDC, la protection des civils ne peut être réduite à une réponse strictement sécuritaire. Elle doit s’inscrire dans une approche intégrée associant sécurité, développement, justice, consolidation de la paix, dialogue politique et prévention des conflits.

En conclusion, la République démocratique du Congo a renouvelé son attachement au droit international humanitaire et aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies. Elle a appelé toutes les parties aux conflits armés à rompre avec toute logique d’escalade, à respecter scrupuleusement leurs obligations internationales, à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, et à assurer la protection effective des civils, du personnel médical et des travailleurs humanitaires.

La RDC a, en outre, insisté sur trois orientations majeures : premièrement, la nécessité pour le Conseil de sécurité et les partenaires internationaux de veiller à ce que les mandats, les ressources et l’appui au renforcement des capacités nationales soient clairement définis, coordonnés et adaptés aux réalités du terrain ; deuxièmement, l’importance d’investissements durables dans la consolidation de la paix, le développement et le traitement des causes profondes des conflits ; troisièmement, l’exigence d’un appui aux autorités nationales inscrit dans une stratégie politique cohérente, articulant les efforts aux niveaux local, national, régional et international, afin de favoriser la paix, préserver la souveraineté des États et soutenir la mise en œuvre effective des engagements de cessez-le-feu.