New York, 12 mai 2026 — La République démocratique du Congo a pris part, ce mardi 12 mai 2026, à la 10150e séance du Conseil de sécurité, consacrée à la situation en Bosnie-Herzégovine. La déclaration de la RDC a été prononcée par Monsieur Serge Banza Ngoy, Ministre-conseiller et Coordonnateur politique pour les questions liées au Conseil de sécurité à la Mission permanente de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies.

Avant d’aborder le point inscrit à l’ordre du jour, la RDC a félicité la République populaire de Chine pour son accession à la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de mai, tout en lui réaffirmant son engagement à œuvrer, aux côtés des autres membres du Conseil, à la promotion de la paix et de la sécurité internationales, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies.

Intervenant sur la situation en Bosnie-Herzégovine, la République démocratique du Congo a exprimé sa préoccupation face aux signaux de fragilité observés dans le pays, notamment les tensions politiques persistantes, les discours de division, les allégations de discrimination ainsi que toute action susceptible de remettre en cause l’ordre constitutionnel établi.

La RDC a rappelé que l’Accord-cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine, dit Accord de Dayton, demeure le socle de la paix, de la stabilité institutionnelle et de la coexistence pacifique entre les peuples constitutifs de ce pays. Trente ans après sa conclusion, cet accord reste un cadre essentiel à préserver et à mettre en œuvre de bonne foi.

La RDC a également pris note des préoccupations exprimées concernant les velléités sécessionnistes attribuées à certains dirigeants de la Republika Srpska, ainsi que les risques que de telles dynamiques feraient peser sur l’ordre constitutionnel, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.

Dans cette perspective, la RDC a appelé tous les responsables politiques, à tous les niveaux, à faire preuve de retenue et de responsabilité, à s’abstenir de toute rhétorique incendiaire, de tout discours de haine, de toute initiative unilatérale ou de tout acte pouvant fragiliser la cohésion nationale et la stabilité régionale.

Elle a encouragé toutes les parties à privilégier le dialogue inclusif, la recherche du consensus et les moyens pacifiques, conformément à l’Accord de Dayton, à la Constitution de Bosnie-Herzégovine, aux décisions des institutions compétentes et au droit international.

Soulignant que la paix durable ne saurait se limiter à l’absence de conflit armé, la RDC a insisté sur l’importance de l’État de droit, du fonctionnement régulier des institutions, de la protection égale de tous les citoyens, de la réconciliation et de la confiance entre les communautés.

La RDC a, en outre, mis en avant l’importance de la coexistence pacifique entre les différentes communautés de Bosnie-Herzégovine, estimant que la diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse du pays doit demeurer une richesse protégée par les institutions, et non un facteur de division.

Elle a rappelé que le devoir de mémoire, la justice et la réconciliation sont indispensables à la consolidation de la paix, tout en mettant en garde contre les discours négationnistes, la glorification des crimes graves constatés par les juridictions compétentes et l’instrumentalisation des identités.

La République démocratique du Congo a également pris note du rôle joué par EUFOR Althea, autorisée par le Conseil de sécurité, dans le maintien d’un environnement sûr et sécurisé en Bosnie-Herzégovine, et a encouragé la poursuite des efforts en faveur de la stabilité du pays et de la région des Balkans occidentaux.

En conclusion, la RDC a réaffirmé son attachement constant aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, en particulier le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États, ainsi que le règlement pacifique des différends.

Elle a réitéré son soutien à la souveraineté, à l’unité, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance politique de la Bosnie-Herzégovine, à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, et appelé toutes les parties à faire le choix de la responsabilité, du dialogue, de la retenue et de la coexistence pacifique.