En conclusion de sa déclaration au débat ouvert du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, la République démocratique du Congo a réaffirmé l’importance d’une approche multilatérale équilibrée, impartiale et fondée sur les principes de la Charte des Nations Unies. Elle a appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts afin de prévenir une aggravation du conflit régional et de soutenir les initiatives de paix en cours.

Cette déclaration a été lue par l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies à l’occasion de la 10146e séance du Conseil de sécurité du 28 avril 2026. L’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo est publiée ci-dessous.


Monsieur le Président,

La République démocratique du Congo réitère ses salutations respectueuses à Son Excellence Monsieur Abdullatif Bin Rashid Al ZAYANI, et remercie son pays, le Royaume du Bahreïn, pour l’organisation de ce débat ouvert de haut niveau dédié à la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

Dans le même esprit, nous tenons à saluer une fois de plus la présence de Leurs Excellences les Ministres et vice-Ministre des Affaires étrangères à cette séance. Nous remercions également Leurs Excellences Monsieur Espen BARTH EIDE, Ministre des Affaires Étrangères de la Norvège et Représentant du Comité de liaison ad hoc, Monsieur Tony Blair, membre du Comité exécutif du Conseil de Paix ainsi que Monsieur Khaled KHIARI, Sous-Secrétaire général des Nations Unies pour leurs exposés exhaustifs.

Ma délégation salue l’engagement constant des Nations Unies ainsi que des partenaires internationaux en faveur de la promotion de la paix et la sécurité internationales dans une région marquée par des tensions persistantes, comme en témoigne les développements particulièrement préoccupants récemment observés.

La République démocratique du Congo exprime sa profonde inquiétude face à l’escalade des violences dans la région, notamment les affrontements récents impliquant plusieurs acteurs étatiques. Ces hostilités, par leur caractère désormais multidimensionnel — intégrant à la fois les dynamiques sécuritaires, humanitaires et économiques — ont causé des pertes civiles, endommagé des infrastructures essentielles et affecté des axes stratégiques de navigation avec des répercussions directes sur la stabilité régionale et internationale.

Cette extension progressive des tensions, y compris dans le domaine maritime, illustre les risques d’un embrasement élargi et souligne, s’il en était le besoin, que toute approche exclusivement militaire ne saurait offrir d’issue durable, mais exposerait bien au contraire la région à une escalade aux conséquences difficilement maîtrisables.

Tout en rappelant la Résolution 2817 du Conseil de sécurité, nous réitérons notre appel à la désescalade immédiate, à la retenue de toutes les parties et au respect strict du droit international, en particulier du droit international humanitaire, dans le plein respect des principes consacrés par la Charte des Nations Unies.

Monsieur le Président,

S’agissant de la situation dans la bande de Gaza, bien que se félicitant de la nomination du Haut Représentant du Conseil de Paix ainsi que de la désignation du Commandant de la Force Internationale de Stabilisation — sans oublier les efforts engagés en vue de structurer une réponse internationale coordonnée — la République démocratique du Congo demeure préoccupée par la fragilité du cessez-le-feu y établi dans le cadre de la Résolution 2803 du Conseil de sécurité et par la poursuite des violences.

Les restrictions en matière d’accès humanitaire marquée notamment par la fermeture intermittente des points de passage — de Rafah et de Kerem Shalom — ainsi que les violences sporadiques compromettent les perspectives de stabilisation et pèsent sur la mise en œuvre des phases attendues du processus en cours. La République démocratique du Congo appelle de ce fait toutes les parties à honorer pleinement leurs engagements, à respecter leurs obligations internationales et à s’aligner de bonne foi sur les initiatives diplomatiques en cours.

Par ailleurs, la République démocratique du Congo rappelle que dans un environnement régional davantage interconnecté, aucune progression tangible ne peut être envisagée sans qu’il ne soit établi de cadre sécuritaire maîtrisé, impliquant notamment la limitation des acteurs armés non-étatiques susceptibles d’alimenter les tensions et de fragiliser les efforts de stabilisation en cours.

Monsieur le Président,

Nous ne saurions prendre la pleine mesure de la question palestinienne sans évoquer la Cisjordanie et Jérusalem-Est. L’expansion des colonies, les violences et les déplacements forcés de populations dans ces territoires doivent retenir toute l’attention de ce Conseil. Il sied également de rappeler que ces actions compromettent les perspectives d’une paix durable et ne sauraient se perpétuer.

Ces faits, notamment étayés par les rapports du Haut‑Commissariat aux Droits de l’Homme, sont susceptibles d’altérer durablement les paramètres d’une solution politique négociée et pragmatique, conformément aux Accords et dispositions du droit international en vigueur. Ma délégation rappelle que toute mesure unilatérale visant à modifier le statut des territoires concernés constitue une violation du droit international et des dispositions pertinentes des résolutions de ce Conseil de sécurité, notamment la résolution 2334.

La Cisjordanie est également en proie à une situation humanitaire alarmante. A cet égard, la République démocratique du Congo souhaite souligner une fois de plus le rôle indispensable de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), qui demeure un pilier central de la réponse humanitaire. Son action est essentielle pour fournir une assistance vitale, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’aide d’urgence. Nous appelons à un soutien renforcé et durable à l’UNRWA afin qu’elle puisse continuer à remplir pleinement son mandat.

Monsieur le Président,

Réaffirmant son attachement indéfectible aux principes de la Charte des Nations Unies, en particulier l’égalité souveraine des États, le respect de l’intégrité territoriale, le respect de la dignité humaine, mon pays rappelle que ces principes ne sauraient être appliqués de manière isolée. Ils doivent, en tout temps, guider notre action collective de façon cohérente et universelle, et constituer, par eux-mêmes, l’espoir d’un retour à la quiétude là où le spectre des conflits et des tensions se fait saillant.

Pour conclure, la République démocratique du Congo souligne l’importance d’une approche multilatérale équilibrée et impartiale, et appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts pour prévenir une aggravation du conflit régional et pour soutenir les initiatives de paix.

Je vous remercie.