Face à l’intensification des hostilités en Ukraine et à l’aggravation de leurs conséquences humaines, la République démocratique du Congo a appelé, au Conseil de sécurité, à un cessez-le-feu effectif, à la protection des civils et à un règlement exclusivement politique et diplomatique du conflit.

La déclaration intégrale de la RDC est publiée ci-dessous.


La République démocratique du Congo salue la convocation de cette réunion d’urgence consacrée à l’Ukraine.

Ma délégation remercie Monsieur le Sous-Secrétaire général, Khaled Khiari et Madame la Sous-Secrétaire générale, Joyce Msuya, pour leurs exposés.

Plus de mille cinq-cents jours se sont écoulés sans qu’une résolution durable n’ait pu être trouvée à la guerre en Ukraine. A l’instar des autres États membres du Conseil de sécurité, et particulièrement les A3, la République démocratique du Congo demeure profondément préoccupée par la poursuite des hostilités et par l’aggravation constante de leurs conséquences humaines et matérielles.

Au-delà de ses conséquences immédiates, ce conflit continue de produire des effets préoccupants bien au-delà de son théâtre. Il alimente des dynamiques transnationales de violence, qui affectent également le continent africain.

Madame la Présidente,

Alors que des signaux encourageants avaient pu être observés à la mi-février en faveur d’une reprise des efforts diplomatiques, force est de constater que cette lueur d’espoir s’est au fil des semaines progressivement éteinte au profit d’une intensification des affrontements.

Les faits récemment rapportés au Conseil de sécurité sont sans équivoque.  Les dynamiques actuelles traduisent un éloignement préoccupant des perspectives de désescalade à travers la multiplication des frappes, notamment à l’aide de missiles et de drones, ainsi que l’augmentation significative du nombre de victimes civiles.

Monsieur le Président,

Face à cette réalité, il est impératif de rappeler que la poursuite des hostilités engage la responsabilité de toutes les parties.

Chaque attaque, chaque riposte, chaque escalade supplémentaire contribue à alourdir un bilan humain déjà tragique et à ancrer davantage ce conflit dans une logique de destruction qui éloigne, chaque jour davantage, le retour à une coexistence pacifique entre deux nations pourtant sœurs.

Des vies humaines sont fauchées au quotidien, des familles disparaissent, des villes se vident. La peur et la précarité sont devenue s aujourd’hui le dénominateur de toute une génération pour laquelle chaque jour de guerre supplémentaire éloigne de plus en plus toute perspective de paix durable.

Monsieur le Président,

Le choix de la désescalade et de la résolution de cette crise par le dialogue ne peut plus être différé. En effet, la République démocratique du Congo réitère avec constance sa position : il n’existe pas de solution militaire à ce conflit.

Seule une issue politique et diplomatique, fondée sur le dialogue, la bonne foi et le respect du droit international, du droit international humanitaire ainsi que des principes de la Charte des Nations Unies, permettra de mettre un terme durable à cette crise.

Nous appelons, à cet effet, à un cessez-le-feu effectif et à la stricte observance de tout engagement pris en ce sens. Les violations répétées des initiatives de cessation des hostilités observées récemment ne font que fragiliser davantage les perspectives d’un règlement pacifique du conflit et soulignent l’urgence de restaurer la confiance entre les parties.

Monsieur le Président,

La protection des civils doit demeurer une priorité absolue.

Il est impératif d’épargner les populations civiles ainsi que les infrastructures essentielles, notamment énergétiques, dont la destruction affecte directement les conditions de vie et compromet l’accès aux services de base.

Nous rappelons également la nécessité de garantir un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin.

Enfin, Monsieur le Président,

La République démocratique du Congo exhorte toutes les parties à plus de retenue et à privilégier la diplomatie qui demeure la meilleure voie permettant d’instaurer une paix juste et crédible au bénéfice des populations affectées.

Je vous remercie.