À l’occasion de l’échange général de vues de la session de fond 2026 de la Commission du désarmement, la République démocratique du Congo a réaffirmé son engagement en faveur du multilatéralisme, du désarmement nucléaire complet et du renforcement de l’architecture internationale de non-prolifération. Elle a également plaidé pour une régulation responsable des technologies émergentes au service de la paix et de la sécurité internationales.
L’intégralité de cette déclaration est publiée ci-dessous.
Madame la Vice-Présidente,
Ma délégation tient à vous féliciter, ainsi que les autres membres du Bureau, pour votre élection et à vous souhaiter plein succès dans la conduite de nos discussions, bien que la Commission n’ait pas été en mesure d’adopter le programme de travail conformément à la Résolution 80/66 de l’Assemblée générale.
Je souhaite également exprimer notre sincère gratitude à la République du Paraguay pour sa présidence compétente au cours du mandat précédent et du processus préparatoire de la présente Session.
La République démocratique du Congo s’associe aux déclarations faites par l’Indonésie et le Nigéria au nom du Mouvement des Non-Alignés et du Groupe africain, et souhaiterait à titre national ajouter ce qui suit :
Madame la Vice-Présidente,
La Commission de Désarmement se tient cette année encore dans un contexte géopolitique difficile, avec des tensions mondiales de plus en plus grandissantes et une concurrence accrue en matière d’armements stratégiques, associée à une diminution de la confiance entre les États dotés d’armes nucléaires.
Nous comprenons donc qu’il y a un risque de violences armées entre les États dotés d’armes nucléaires.
Face à ce risque, ma délégation réaffirme son attachement à l’objectif d’un désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace et accorde une importance particulière à l’architecture mondiale de non-prolifération, y compris au rôle du mécanisme de désarmement des Nations Unies.
C’est pourquoi ma délégation réitère, une fois de plus, la nécessité de continuer à promouvoir le multilatéralisme en tant que principe fondamental de la négociation dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération. À ce sujet, nous réaffirmons le caractère central de la Commission du Désarmement, en tant que seul organe spécialisé et délibérant au sein du mécanisme multilatéral de désarmement des Nations Unies, pour examiner de manière approfondie des questions spécifiques de désarmement et formuler des recommandations concrètes à l’Assemblée générale.
Partant de cette affirmation, la République démocratique du Congo juge important que la Commission de Désarmement poursuive ses travaux conformément à son mandat, tel qu’énoncé dans le Document final de la dixième session extraordinaire de l’Assemblée générale (résolution S-10/2), ainsi que conformément aux résolutions et décisions pertinentes de l’Assemblée générale concernant son fonctionnement, son règlement intérieur et ses méthodes de travail.
La République démocratique du Congo réaffirme son soutien au Traité sur la non-prolifération des Armes Nucléaires (TNP) en tant que pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire et fondement essentiel à la poursuite du désarmement nucléaire et à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ; elle souligne l’importance d’une mise en œuvre intégrale et équilibrée des trois piliers du Traité, à savoir : le désarmement nucléaire, la non-prolifération nucléaire et l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Les États dotés d’armes nucléaires sont donc interpelés à faire preuve de volonté politique et de souplesse afin de travailler à la mise en œuvre des obligations et engagements pris en 2000 et réitérés en 2010 en matière de désarmement nucléaire et de la non-prolifération afin de parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.
Madame la Vice-Présidente,
Pour sa part, la République démocratique continue d’appuyer l’objectif d’un désarmement nucléaire complet, qui est la condition préalable au maintien de la paix et de la sécurité internationales. C’est dans cette perspective qu’elle rappelle l’entrée en vigueur historique du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et se félicite de la tenue des trois premières réunions des États parties et attend avec impatience la première Conférence d’examen du Traité, qui se tiendra à la fin de 2026 sous la présidence de l’Afrique du Sud.
C’est ici l’occasion d’inviter tous les États qui n’ont pas encore signé ou ratifié le TPNW à le faire et d’encourager tous les États observateurs — y compris ceux alliés aux États dotés d’armes nucléaires — à poursuivre leur engagement constructif dans le processus du Traité, reconnaissant que les impératifs humanitaires inscrits dans le TPNW sont universels et ne font aucune exception.
Madame la Vice-Présidente,
La République démocratique du Congo souligne l’importance du respect du droit inaliénable reconnu à tous les États d’utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire ainsi que le rôle central que joue l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) grâce à son appui technique et à sa coopération continue.
Pour ce qui est des technologies émergentes dans le contexte de la sécurité internationale, y compris l’Intelligence Artificielle, ma délégation reconnaît que celles-ci, quoiqu’elles puissent offrir des avantages considérables pour le bien-être humain et le développement durable, ont des implications importantes pour la paix et la sécurité internationales.
Il est donc urgent pour nous d’instaurer des mécanismes solides pour réglementer ce domaine conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international applicable, afin que ces technologies contribuent à la paix et à la sécurité internationales ainsi qu’au développement durable et ne tombent pas entre les mains des utilisateurs malveillants.
Madame la Vice-Présidente,
La République démocratique du Congo appuie pleinement les travaux de la Commission de Désarmement. Elle réaffirme son engagement à participer de manière active et constructive tout au long de nos discussions.
Une fois de plus, nous invitons tous les autres États membres à faire preuve de volonté politique et d’attachement au principe de transparence dans le traitement des questions de désarmement et de la sécurité internationale en vue d’atteindre l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires.
Je vous remercie de votre attention.