New York, le 15 avril 2026 – Intervenant à l’occasion de la 10136e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation dans les Grands Lacs, le Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a réaffirmé avec fermeté la position de la RDC face à la poursuite de l’agression dans sa partie orientale.

S’exprimant à titre national, après la déclaration des A3, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a souligné le caractère complémentaire des initiatives diplomatiques engagées aux niveaux régional et international. Il a rappelé que leur point de convergence demeure la mise en œuvre intégrale des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment les résolutions 2773 et 2808, qui condamnent l’offensive du M23, exigent la cessation immédiate des hostilités, le retrait du M23 ainsi que la fin du soutien rwandais à ce mouvement armé.

Le Représentant permanent de la RDC a relevé que, malgré la multiplication des efforts diplomatiques, la situation sécuritaire sur le terrain reste profondément préoccupante. Il a dénoncé la persistance des hostilités dans l’est de la RDC, l’expansion territoriale de l’AFC/M23 avec l’appui des forces rwandaises, ainsi que la menace croissante que cette dynamique fait peser non seulement sur la RDC, mais aussi sur la stabilité régionale, notamment sur le Burundi.

L’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a également insisté sur le coût humain dramatique de cette crise. Il a rappelé que des millions de Congolais ont été déplacés, dont une majorité de femmes et de filles, exposées à des violences extrêmes, notamment dans les zones minières. Il a dénoncé les violations continues du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris les violences sexuelles, le recrutement d’enfants et les attaques contre le personnel humanitaire et les Casques bleus.

Réaffirmant que la position de la République démocratique du Congo n’a jamais varié, il a exigé le retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Il a également appelé à la cessation de toutes les activités déstabilisatrices menées dans la région à travers les groupes armés et autres supplétifs.

La RDC a, en outre, plaidé pour le maintien d’une pression maximale sur le Rwanda et ses proxys, ainsi que pour le renforcement du rôle de la MONUSCO dans le suivi du cessez-le-feu. Elle a également souligné l’importance du Bureau de l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, estimant que la dimension régionale du conflit doit être pleinement assumée afin de favoriser une réponse adaptée et durable.

Tout en réaffirmant son attachement de bonne foi aux efforts diplomatiques en cours, de Doha à Washington, au Conseil de sécurité comme au sein de l’Union africaine, la République démocratique du Congo a rappelé que la paix durable dans les Grands Lacs suppose un engagement sincère et équivalent de l’ensemble des parties signataires et garantes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.