New York, le 15 avril 2026 – La République démocratique du Congo a réaffirmé, mercredi, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, que l’efficacité durable des opérations de paix ne peut être garantie que si celles-ci s’inscrivent dans une dynamique politique crédible, répondent aux attentes des populations et s’adaptent à l’évolution constante des menaces et des contextes de crise.
S’exprimant à l’occasion de la 10137e séance consacrée aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, l’Ambassadeur et Représentante permanente adjointe de la RDC, S.E. Mme Jocelyne Kabengele Lukundula, a rendu hommage à l’engagement des Casques bleus et souligné que les opérations de paix demeurent des instruments essentiels du maintien de la paix et de la sécurité internationales, à condition de reposer sur des processus politiques crédibles, le consentement des États hôtes ainsi que des ressources prévisibles, adéquates et durables.
La délégation congolaise a formulé trois observations principales. Elle a d’abord salué les efforts de la MINUSCA dans l’appui à la sécurisation des élections en République centrafricaine, tout en rappelant les fragilités structurelles persistantes. Elle a ensuite exprimé sa préoccupation face aux difficultés rencontrées par la FISNUA dans l’exécution de son mandat à Abyei, dans un contexte de dégradation politique et d’absence de dialogue soutenu entre le Soudan et le Soudan du Sud. Enfin, la RDC a relevé que l’évolution doctrinale en cours vers des missions plus légères, plus agiles et plus modulaires doit s’accompagner d’une clarification stratégique sur leurs objectifs et leurs conditions de réussite.
La RDC a également souligné la pertinence d’une meilleure intégration des outils technologiques dans les opérations de paix, citant notamment l’usage de drones par la MONUSCO pour la surveillance des groupes armés en République démocratique du Congo. Pour Kinshasa, ces ajustements opérationnels, aussi nécessaires soient-ils, ne sauraient toutefois se substituer à la primauté du politique, qui doit demeurer le principe structurant de toute opération de paix.
En conclusion, la République démocratique du Congo a insisté sur le fait que la pertinence des opérations de paix, en particulier sur les terrains africains, se mesure moins à leur seule capacité de déploiement qu’à leur aptitude à accompagner des solutions politiques négociées, à renforcer la confiance et à s’adapter à des environnements sécuritaires en mutation permanente. C’est à ce prix, a souligné la délégation congolaise, qu’elles continueront de constituer un pilier central de l’architecture collective de paix et de sécurité.