Retrouvez l’intégralité de la déclaration de la République démocratique du Congo prononcée par l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay au Conseil de sécurité, ce jeudi 9 avril 2026, sur la situation au Kosovo marquée par un appel clair en faveur d’une stabilité durable fondée sur le respect des cadres établis, l’objectivité et le dialogue sincère entre les parties.
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Madame la Présidente,
La République démocratique du Congo salue la tenue de cette séance consacrée à la situation au Kosovo. Nous souhaitons la bienvenue parmi nous du Ministre des Affaires Étrangères de la Serbie, Son Excellence Monsieur Marko Duric, et remercions, Monsieur Peter DUE, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, pour son exposé. Nous saluons également la présence du Représentant de l’Union européenne.
La République démocratique du Congo tient à saluer les efforts constants de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo dont l’action demeure un facteur important de facilitation du dialogue, de renforcement de la confiance entre les parties et de contribution à un environnement plus stable.
Ma délégation réaffirme son attachement aux principes de la Charte des Nations Unie, en particulier au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, qui constituent le fondement de l’ordre international, tels que consacrés et encadrés, dans le contexte du Kosovo, par la résolution 1244, laquelle forme le cadre juridique de référence pour l’examen de cette question par le Conseil de sécurité et le fondement de l’engagement des Nations Unies en vue d’un règlement durable basé sur le dialogue et le respect du droit international.
Monsieur le Président,
Les développements récents, décrits dans le rapport du Secrétaire général, traduisent une réalité contrastée : si la situation sécuritaire demeure globalement calme, elle reste néanmoins fragile, dans un contexte marqué par des incertitudes politiques persistantes et des tensions localisées.
Cette situation souligne la nécessité de renforcer la prévisibilité ainsi que la stabilité du cadre politique, dont la consolidation constitue un préalable essentiel à tout progrès durable. Elle appelle, à ce titre, à une approche mesurée, fondée sur une appréciation rigoureuse des conditions sur le terrain, et exclut toute conclusion prématurée quant à la consolidation durable de la stabilité.
C’est pourquoi, la République démocratique du Congo estime que la MINUK conserve toute sa pertinence notamment dans l’exercice de son rôle de facilitation et de médiation, mais également dans la protection des droits communautés au regard de la fragilité du tissu sécuritaire et social.
Toutefois, les opérations de maintien de la paix ne peuvent être réduites ou supprimées de manière artificielle tant que les causes profondes de l’instabilité ne sont pas complètement éradiquées. En effet, toute reconfiguration précipitée ou insuffisamment préparée comporterait le risque d’introduire de nouvelles fragilités dans un environnement encore sensible.
Monsieur le Président,
La République démocratique du Congo soutient les efforts de normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo. À cet égard, mon pays salue les avancées enregistrées dans le cadre du dialogue facilité par l’Union européenne entre les deux capitales.
Bien que des avancées ont été enregistrées, ces progrès demeurent d’être consolidés dans le but de garantir une désescalade durable, restaurer la confiance et accélérer la normalisation des relations entre les parties.
Monsieur le Président,
La paix ne saurait être durablement considérée comme acquise tant qu’elle n’est pas pleinement et équitablement ressentie par l’ensemble des composantes de la population. La protection des communautés doit demeurer au cœur de toute approche durable de stabilisation.
En effet, la République démocratique du Congo estime que toute mesure affectant les communautés sur le terrain, notamment dans les zones à majorité, devrait être conduite avec prudence, dans un esprit d’inclusion, de consultation et de préservation des services essentiels. Il importe que les préoccupations légitimes des populations concernées soient entendues et traitées de manière responsable.
À cet égard, les progrès enregistrés dans la gestion des questions humanitaires, notamment celles liées aux personnes disparues, doivent être encouragées, dans la mesure où ils contribuent à restaurer la confiance et à soutenir les efforts de réconciliation.
Monsieur le Président,
Pour conclure, la République démocratique du Congo réaffirme la nécessité de privilégier une approche fondée sur le respect des cadres établis, sur une appréciation objective des réalités du terrain et sur la poursuite d’un dialogue sincère entre les parties.
C’est à ces seules conditions que pourront être réunis les éléments d’une stabilité durable, au bénéfice de toutes les communautés concernées, notamment les communautés Serbes au Kosovo.
Je vous remercie.