Prononcée par l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, le jeudi 2 avril 2026, au Conseil de sécurité des Nations Unies, cette déclaration met en avant deux idées clés.
D’une part, la République démocratique du Congo souligne la nécessité de renforcer la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes afin de mieux répondre aux crises complexes, prévenir leur aggravation et favoriser des solutions politiques, diplomatiques et coordonnées.
D’autre part, la RDC insiste sur l’importance d’une collaboration plus étroite entre la Ligue des États arabes et l’Union africaine, notamment pour la gestion des crises touchant les États membres des deux organisations, dans le respect du droit international, de la souveraineté des États et du règlement pacifique des différends.
Ci-dessous l’intégralité de cette déclaration
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Monsieur le Président,
Nous saluons la tenue de cette réunion, fruit des efforts déployés par le Royaume de Bahreïn pour porter devant le Conseil de sécurité une réflexion approfondie sur la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales.
Dans la continuité des échanges de ce matin, ma délégation estime que le renforcement de cette coopération constitue un impératif, non seulement, face à la proximité croissante des crises, mais également, en raison de l’évolution rapide des menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales.
Ma délégation remercie Monsieur Khaled Khiari, Sous-Secrétaire général des Nations Unies, ainsi que Son Excellence Monsieur Ahmed Aboul Gheit, pour la qualité de leurs exposés et les perspectives qu’ils ont portées à l’attention du Conseil.
Monsieur le Président,
Les crises multidimensionnelles qui affectent actuellement plusieurs contextes de la région arabe, notamment en Palestine et au Yémen, continuent de peser lourdement sur les populations civiles et de fragiliser les perspectives de stabilité durable. À ces dynamiques s’ajoutent des menaces en mutation, caractérisées par le recours accru à des moyens asymétriques, y compris les frappes de missiles et de drones, les opérations cybernétiques ou encore le ciblage d’infrastructures critiques.
Ces évolutions rappellent la nécessité d’y réserver des réponses coordonnées et intégrées, associant les dimensions politique, sécuritaire, humanitaire et de développement.
Dans ce contexte particulièrement exigeant, la République démocratique du Congo appelle à un engagement collectif renouvelé en faveur de la prévention des conflits, de la désescalade et du règlement pacifique des différends, dans le strict respect bien entendu du droit international.
Dans cette même optique, ma délégation reconnaît le rôle crucial des organisations régionales dans le maintien de la paix et la sécurité internationales, conformément aux dispositions du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies. La coopération entre les Nations Unies et la Ligue des États arabes représente un exemple remarquable d’intégration entre institutions régionales et internationales permettant d’aborder, avec plus d’efficacité, les défis complexes auxquels cette région ainsi que l’ensemble de la communauté mondiale sont confrontés.
On peut relever, concernant la gestion des défis transfrontaliers, la signature il y a quelques d’un mémorandum d’accord entre l’Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes, visant à renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la traite des êtres humains.
Par ailleurs, en lien avec l’intensification de la coopération stratégique, on ne peut passer sous silence le rôle de facilitation du Bureau de liaison des Nations Unies auprès de la Ligue des États arabes au Caire, en Égypte.
C’est ici d’ailleurs le lieu de souligner plus que jamais la pertinence de cette coopération entre les Nations Unies et la Ligue des États arabes, qui continuent de jouer un rôle déterminant notamment à travers le renforcement de la diplomatie préventive, de la médiation et de la coordination entre les Envoyés et Représentants spéciaux de deux organisations.
Monsieur le Président,
A cet égard, la République démocratique du Congo réaffirme son attachement aux principes fondamentaux du droit international, du droit international humanitaire et de la Charte des Nations Unies. Elle est guidée par le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale, ainsi que par le principe du règlement pacifique des différends et celui du non-recours à la force.
Dans cette perspective, ma délégation souligne également l’importance d’une coopération horizontale renforcée entre les organisations régionales et sous-régionales.
À ce titre, une collaboration étroite et une mutualisation des efforts entre la Ligue des États arabes et l’Union africaine, en particulier en matière de gestion des crises qui concernent les États membres des deux organisations, pourrait contribuer à changer la donne.
Les situations en Libye et au Soudan illustrent clairement la nécessité d’une telle coordination. Par ailleurs, les enseignements tirés des crises passées, notamment en Libye, rappellent avec force les limites des tentatives de résolution des conflits par la force et soulignent l’importance de privilégier des processus politiques et diplomatiques inclusifs, portés par les organisations et les acteurs régionaux.
Monsieur le Président,
La multiplication des menaces transnationales, y compris la désinformation, les discours de haine et les attaques contre des infrastructures critiques, exige des réponses collectives mieux coordonnées.
Le renforcement des capacités institutionnelles, la préparation aux crises et le développement de mécanismes de résilience doivent ainsi constituer des axes prioritaires de la coopération entre les Nations Unies et la Ligue des États arabes.
Dans cette optique, la République démocratique du Congo estime que certains contextes pourraient constituer des tests concrets de l’efficacité du partenariat entre les Nations Unies et la Ligue des États arabes.
Les dynamiques en cours en Syrie, ainsi que la mise en œuvre de la résolution 2803, offrent à cet égard des opportunités réelles de démontrer la capacité des deux organisations à agir de manière coordonnée, pragmatique et orientée vers des résultats.
Monsieur le Président,
Pour conclure, la République démocratique du Congo tient à saluer, dans le cadre de ses efforts d’amélioration de la coordination, la tenue de la 17ème réunion générale de coopération entre l’Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes, prévue à Genève en juillet 2026. Cette rencontre visera l’instauration d’un cadre biennal favorisant des actions conjointes dans plusieurs secteurs tels que la paix et la sécurité.
Ma délégation demeure convaincue que le renforcement du partenariat entre les Nations Unies et la Ligue des États arabes, qui en résultera, va constituer un levier important pour répondre aux menaces émergentes, prévenir les effets de débordement des crises et promouvoir des réponses régionales et internationales plus cohérentes.
Je vous remercie.