New York, 26 mars 2026 — Intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations Unies lors de la présentation du Rapport du Secrétaire général sur la MONUSCO, la République démocratique du Congo a réaffirmé sa vive préoccupation face à la poursuite des hostilités dans l’Est du pays, en dépit des engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha. Elle a dénoncé la poursuite des offensives du M23 avec l’appui des Forces de défense rwandaises, ainsi que leurs conséquences humaines, sécuritaires et institutionnelles pour la République démocratique du Congo.
La délégation congolaise a rappelé que ces actes constituent non seulement une violation grave du droit international, mais également une atteinte directe à l’autorité du Conseil de sécurité. Dans ce contexte, elle a appelé à la mise en œuvre immédiate, intégrale et sans concession de la résolution 2773, notamment à travers le retrait des Forces de défense rwandaises du territoire congolais et la cessation immédiate des hostilités par le M23. Elle a souligné que le respect des décisions du Conseil de sécurité ne saurait être optionnel.
La République démocratique du Congo a, par ailleurs, réaffirmé l’importance centrale de la MONUSCO comme pilier de la protection des civils et de la stabilisation. Elle a insisté sur le fait que, dans la phase actuelle, le rôle de la Mission dans l’architecture du cessez-le-feu demeure déterminant, notamment à travers sa participation au Mécanisme conjoint de vérification élargi, son appui au mécanisme de suivi du cessez-le-feu et ses contributions techniques. Elle a également plaidé pour le renforcement de ce rôle, la pleine liberté de mouvement de la Mission, la levée des restrictions dans les zones sous contrôle du M23 et la mise à disposition de ressources adéquates.
La délégation congolaise a également mis en avant l’engagement constant, sincère et de bonne foi de la République démocratique du Congo dans les processus politiques en cours. Elle a réaffirmé son attachement aux processus de Washington et de Doha, ainsi qu’aux différentes initiatives régionales et internationales visant à parvenir à une paix durable. Elle a, en outre, réitéré son adhésion pleine et entière à la médiation conduite par l’Union africaine, saluant le rôle du médiateur de l’Union africaine, les efforts du médiateur togolais ainsi que l’implication des partenaires et facilitateurs engagés, notamment l’Union africaine, les États-Unis, le Qatar et les organisations régionales.
La RDC a aussi pris note avec satisfaction des mesures adoptées par certains partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et les États-Unis, à travers des sanctions visant des responsables impliqués dans la déstabilisation de la région. Elle a estimé que ces mesures constituent un signal important et a appelé à leur renforcement afin de mettre fin à l’impunité.
Dans la dernière partie de son intervention, la République démocratique du Congo a particulièrement insisté sur son droit légitime à restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire. Elle a souligné qu’aucune solution durable ne pourra être envisagée sans le respect strict de son intégrité territoriale, le démantèlement des administrations parallèles et le rétablissement effectif de l’autorité de l’État.
La position du Gouvernement congolais, a rappelé la délégation, est claire : il ne peut y avoir de paix sans respect de la souveraineté, il ne peut y avoir de processus crédible sans mise en œuvre des engagements, et il ne peut y avoir de stabilité sans responsabilité. Dans le même esprit, la RDC a affirmé qu’elle ne manque ni de volonté ni d’engagement, mais qu’il est désormais attendu une action résolue, cohérente et collective pour faire respecter les décisions du Conseil de sécurité et mettre fin aux souffrances du peuple congolais.
Concluant sur une formule particulièrement ferme, la délégation congolaise a déclaré que le moment n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action. Cette séquence finale a donné à l’intervention congolaise une tonalité de fermeté politique et d’exigence opérationnelle à l’égard des mécanismes de paix et des décisions du Conseil.
Enfin, répondant aux propos du représentant du Rwanda, la République démocratique du Congo a rejeté les accusations formulées à son encontre au sujet des FDLR et des discours de haine. Elle a soutenu que ces questions ne sauraient occulter l’occupation de portions du territoire congolais, ni les violences commises dans l’Est du pays. Elle a également rappelé que la question de l’exploitation des ressources naturelles congolaises est désormais mieux comprise au niveau du Conseil et de la communauté internationale.