New York, 5 mars 2026 — Le Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a présenté la déclaration de la RDC lors de la 10114e séance du Conseil de sécurité, consacrée au thème « Énergies, minéraux critiques et sécurité ».
Dans son intervention, la RDC a relevé que la transition énergétique et numérique, tout en accélérant la demande mondiale en minerais stratégiques — notamment le cobalt, le coltan, le lithium, l’or et les terres rares — peut également accentuer les risques pour la paix et la sécurité internationales, en particulier dans les contextes fragiles. Le Représentant permanent a rappelé que, malgré ses immenses réserves, ces ressources ont souvent alimenté des convoitises et contribué à des cycles de violence, au lieu de soutenir le développement.
Évoquant la situation nationale, la RDC a souligné que, depuis près de trois décennies, l’Est du pays demeure affecté par des violences persistantes largement liées à l’exploitation et au commerce illicites des ressources naturelles, avec des conséquences humaines majeures, notamment des déplacements massifs et une fragilisation durable des tissus économiques et sociaux. La déclaration a, à cet égard, mentionné les sanctions ciblées prises par les États-Unis contre des acteurs considérés comme fauteurs de troubles dans la région des Grands Lacs.
« C’est ici le lieu de remercier les Etats-Unis d’avoir bien pensé à imposer des sanctions ciblées contre les fauteurs de troubles dans la région des Grands Lacs, à savoir les Forces de défense rwandaises et leurs supplétifs du M23 », a souligné le Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies.
Au-delà du cas congolais, la RDC a estimé que la corrélation entre ressources naturelles et conflits se retrouve dans plusieurs régions du monde, où la compétition pour le contrôle de richesses stratégiques favorise l’économie de guerre, la criminalité organisée et des violations des droits humains, avec des effets transfrontaliers.
Face à ces défis, la RDC a appelé à promouvoir une gouvernance responsable, transparente et inclusive des ressources minérales, centrée sur :
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le renforcement de la traçabilité et de la transparence des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques ;
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la lutte contre la fraude, la contrebande et l’exploitation illégale ;
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la création de valeur ajoutée locale, notamment par la transformation des minerais dans les pays producteurs ;
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le respect, par le secteur privé, des législations nationales et des principes de responsabilité sociale et environnementale, afin d’éviter tout financement direct ou indirect des groupes armés.
La RDC a également mis en avant ses engagements dans des initiatives concrètes, notamment le Processus de Kimberley pour la traçabilité des diamants, ainsi que le mécanisme régional de certification de la CIRGL, fondé sur les principes de diligence raisonnable de l’OCDE pour les chaînes d’approvisionnement.
En conclusion, la RDC a insisté sur la nécessité que la transition énergétique mondiale ne reproduise pas les injustices du passé et a réaffirmé sa volonté de travailler avec l’ensemble de ses partenaires afin de promouvoir une gouvernance équitable, transparente et responsable des ressources naturelles, au service de la paix, de la sécurité et du développement durable.