New York, 2 mars 2026 — À l’occasion du débat ouvert du Conseil de sécurité consacré au thème « Les Enfants, la Technologie et l’Éducation en période de conflit », le Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, S.E. l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a présenté la déclaration nationale, réaffirmant l’urgence de protéger les enfants, de garantir la continuité de leur éducation et de promouvoir un usage sûr, inclusif et responsable des technologies en contexte de crise.

Dans son intervention, la RDC a rappelé la gravité de la situation vécue depuis plus de trois décennies dans l’Est du pays, où les violences récurrentes compromettent durablement l’accès à une éducation « sûre, inclusive et de qualité ». L’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a notamment souligné l’impact alarmant du conflit dans la province du Sud-Kivu, évoquant l’imposition de frais de scolarité dans des zones sous contrôle de groupes armés, ainsi que la fermeture massive d’établissements. Les statistiques renseignent que sur 8.419 écoles, 1.768 écoles, dont 71 écoles maternelles, 1.022 écoles primaires et 675 écoles secondaires ne sont aujourd’hui plus fonctionnelles. Parmi elles, 167 écoles abritant 72.214 élèves dont 36.068 filles, sont au moment où nous nous réunissons ici, occupées par les groupes armés.

La déclaration a également mis en avant les efforts nationaux visant à renforcer la résilience du système éducatif, notamment la gratuité de l’enseignement instaurée depuis 2019, ainsi que l’adoption en 2025 de la Stratégie de l’Éducation et de la Formation en Situations d’urgence 2025-2029, destinée à assurer la continuité des apprentissages avant, pendant et après les crises, tout en réduisant la fracture numérique dans les zones affectées.

Insistant sur le rôle croissant du numérique, la RDC a estimé que les plateformes d’apprentissage à distance, les outils mobiles et les solutions digitales peuvent maintenir le lien pédagogique pour les enfants déplacés ou vivant dans des zones enclavées. Elle a également relevé le potentiel des avancées en intelligence artificielle pour soutenir les enseignants, adapter les contenus et offrir un appui psychosocial aux enfants victimes de traumatismes.

Enfin, la RDC a appelé à une mobilisation accrue de la communauté internationale, plaidant pour un appui renforcé au développement d’infrastructures numériques dans les zones fragiles et post-conflit, ainsi que pour des partenariats responsables avec le secteur privé, fondés sur la transparence et la redevabilité. « La technologie ne doit jamais être un facteur d’exclusion », a martelé l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, soulignant qu’elle doit devenir un instrument de résilience, de réparation et d’égalité des chances pour les enfants congolais.

La RDC a conclu en réaffirmant sa détermination à œuvrer avec ses partenaires afin de protéger les enfants, moderniser progressivement le système éducatif et garantir qu’aucun enfant, même en situation de conflit, ne soit privé de son droit à l’éducation et à un avenir meilleur à l’ère du numérique.